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Quand on passe de 1 000 à 5 000 millisones,
on a l'impression que c'est 5 fois plus
fort (pour une variation de puissance de plus de 20 dB, soit plus
de 100 fois !).
Le seuil d'audibilité, 1 millisone,
est très bas à 1 kHz, mais regardez donc à 50 Hz, il faut déjà 55
dB pour commencer à entendre ! Notre virtuose de tout à l'heure,
lui, il a tout équilibré vers 100 000 millisones (environ 100 dB).
Si par le truchement de votre chaîne vous ''descendez'' tout le
spectre sonore vers 75 dB, vous resterez à peu près bien équilibré
pour les aigus mais vous perdrez pratiquement
8 dB à 50 Hz (voyez le croisement entre
la courbe 10 000 millisones et la verticale 50 Hz).
Si vous baissez encore votre impression
de puissance par 2 (5 000 millisones), c'est du coup environ
15 dB que vous perdez à 50 Hz !
Jadis, sur les amplis on trouvait
une fonction loudness qui apportait une
correction dite physiologique à la bande passante. Plus le niveau
était bas, plus les graves et aigus étaient relevés !
Pour en revenir à vos enceintes,
si elles sont du type à faible rendement
(80 à 90 dB à 1 mètre pour 1 W électrique), vous êtes pratiquement
obligé d'écouter à faible niveau en raison de la tenue en puissance
mais le concepteur lui aussi sera tenu de travailler bas ! Comme
en général ces gens-là sont musiciens, l'équilibre initial sera
à peu près reproduit pendant la mise au point des enceintes.
Tout va bien tant que vous restez à bas niveau. Entre une enceinte
qui creuse le médium et une oreille qui le relève, le résultat est
satisfaisant. Si un jour de crise, vous vous mettez à écouter Wagner
ou le dernier titre de techno à fond les ballons, là vous retrouvez
votre bande passante normale mais l'enceinte, elle,
garde ses 5 ou 10 dB de plus dans le grave, et là rien ne va
plus : boum boum !
Si au contraire, vous êtes partis
sur un tout autre style de HP, dits de haut rendement, vous remarquerez
que les larges bandes sont majoritaires. (Remarque personnelle :
le HP idéal couvre la bande sonore complète. S'il n'est pas assez
bon, on en met deux complémentaires, si cela ne suffit pas on en
place trois, puis quatre moralité : plus les HP sont mauvais, plus
il en faut). Sur un tel haut parleur, qui couvre une grande étendue
de fréquence, il ne vas pas être possible de
privilégier le grave par rapport au médium !
Un système à haut rendement est en
général tout bêtement l'association d'un gros
aimant (eh oui, c'est plus cher !) et d'une membrane
légère (eh oui, c'est plus difficile à faire sans résonances
parasites !). Cette membrane légère va ''monter'' allègrement en
fréquence et vous faire les médiums, voire les aigus dans la foulée
! (Supravox, Fertin !)
Avantages :
- pas ou peu de filtres, donc pas
de pertes inutiles, pas de rotations de phase fantaisistes, pas
d'impédances exotiques pour l'ampli
- bien meilleure réponse impulsionnelle, d'une part grâce à la faible
masse mobile, d'autre part grâce à l'unicité de l'origine du son.
Inconvénients :
- pas de ''loudness'' incorporé.
Une écoute à bas niveau
va couper les graves et réduire tellement la bande passante
que l'ensemble sera étriqué, avec juste du médium.
Un petit mot sur la dynamique : on
vient de le voir, votre oreille a une étendue de perception de la
puissance qui varie avec les fréquences. Si nous reprenons notre
exemple à 50 Hz, nous constatons, toujours sur la courbe de la figure
1 une plage qui s'étend de 55 dB à 122 dB, soit une dynamique de
67 dB à 50 Hz. A 1 kHz par contre, la même analyse donne une étendue
de 120 dB. Comme précisé plus haut, le musicien, ou le preneur de
son, a la même oreille que vous, c'est donc dans la partie la plus
vaste qu'il va exprimer la dynamique, dans le médium ! (encore lui
! ?).
Sans entrer dans les détails du
calcul, vous pouvez voir sur la courbe que le fait de décaler vers
le bas le niveau du médium va aussi modifier la perception des variations
de niveau (n'oublions pas que les millisones sont représentatifs
du niveau sonore perçu par l'homme). Un
signal qui varie de 90 à 100 dB vous donne une impression de gagner
50 000 millisones (50 000 à 100 000), le même signal décalé 10 dB
en dessous ne vous donnera plus qu'une impression de gain de 30
000 millisones (20 000 à 50 000 environ). Si ces chiffres représentatifs
de " sensation sonore " ne sont pas assez parlant, imaginez-les
en francs !!
Voilà donc le secret de la dynamique
des enceintes dites à haut rendement mais êtes-vous prêt à " encaisser
" le niveau sonore qui en résulte ? Certains sont agressés par les
" attaques " ou tout simplement l'ampleur d'un passage fort ou un
tutti d'orchestre. Ils vont trouver que :
" oui, c'est bien le son de tes
enceintes, mais c'est un peu agressif dans le
médium, non ? ? "
(ah, c'est sûr que dans les enceintes où il n'y a pas de médium,
le problème se pose moins).
Autre remarque personnelle : ceux
qui se sont approchés des instruments de musique savent combien
ils délivrent un niveau sonore important et comme ils sont souvent
agressifs ! J'ai souvenir d'un concert d'orgue positif qui m'avait
durement éprouvé, et pourtant j'étais bien à 7 ou 8 mètres de l'instrument
! Un soir où un ami était venu nous régaler de son violon, j'ai
mesuré, dans mon fauteuil, dans mon salon, un niveau qui a atteint
104 dB.
Oui, les enceintes à haut rendement
donnent parfois des sonorités agressives, mais dans ma fidélité
à moi, que je voudrais haute, je tente de restituer les sons, tous
les sons, les faibles et les forts, les doux et les violents, les
bruits, toux et grincements de plancher. Voulant être fidèle à l'original
- autant que faire se peut - je ne vois pas de quel droit je pourrais
ne choisir que les sons qui me plaisent.
Je peux concevoir que l'on constitue
une chaîne pour faire un joli son, mais alors que l'on ne parle
pas de " haute fidélité " ! (Tiens, je vais appeler ces systèmes
des enjoliveurs ! Ça vous apprendra !)
En guise de conclusion.
Un système à haut niveau est en
général plus linéaire, même s'il donne l'impression de placer le
médium en avant. Il aura l'avantage de ne pas modifier la courbe
de réponse de la reproduction avec comme corollaire négatif l'obligation
d'aller rechercher le niveau original de la musique pour que cela
soit écoutable.
Autre inconvénient connu de la vie
de l'audiophile, la sensibilité aux zizis, machins, petits bruits
et autres distorsions qui s'entendent d'autant mieux que l'enceinte
rend si bien le médium (auquel votre oreille est si sensible), médium
qui véhicule avec tant de bonheur les distorsions des amplis et
les écrêtages des micros placés trop près des instruments !
Désolé. Un système à plus
faible rendement sera beaucoup plus civilisé, en atténuant le
médium il va vous permettre de supporter - parfois en même temps
- la chanteuse (ou le piano) qui sature ce pauvre micro et l'ampli
qui fait ce qu'il peut pour bouger ces petits haut-parleurs sans
aimant mais avec filtre torturé !
Toutefois, c'est
le seul système pour vous permettre d'écouter à très bas niveau
de façon satisfaisante !
Peut-être que les petites enceintes
ont tout d'une grande, mais on ne m'enlèvera pas de l'idée que les
grosses limousines sont plus performantes que les petites voitures.
Le texte est reproduit tel quel, nous
nous sommes permis simplement de mettre certains passage en gras
pour souligner les propos de Mr Van Der Elst
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