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Les anciens éditos

 
 
 
Editorial de Septembre Octobre 2007
 

Audio… écologie !?

Quel rapport entre nos précieuses chaînes haute fidélité et l'écologie ? Il n'est pas dans nos habitudes de céder à la mode médiatique encore moins sur un sujet aussi important. Nos beaux appareils ne polluent pas, consomment peu d'énergie alors ? Vous avez peut être déjà remarqué une petite ligne en bas de votre facture si vous avez acheté un appareil électronique, pas seulement audio, depuis le début de l'année. Eh oui une éco-contribution… de quelques centimes ! Une taxe supplémentaire allez vous penser avec juste raison, car elle est normalement destinée à assurer le recyclage et ou la destruction de votre produit en fin d'utilisation. Pas très important si ce n'était le début d'une vrai révolution écologique discrètement mise en œuvre par la Communauté Européenne et qui va devenir applicable au 1er Janvier 2008 ! Vous voyez c'est pour demain…


250 Watts !!! Garantis pur plastique pour selon
le constructeur "une écoute illimitée d'un son sublime..."

Une révolution silencieuse (un comble en ce qui nous concerne) est en marche. De quoi s'agit-il ? Redéfinir de leur conception à leur disparition l'impact écologique des produits que nous utilisons tous les jours ! Une redéfinition radicale qui va aussi tenir compte de l'efficacité du produit et de sa durée de vie. Une rude tache pour les industriels fabricants dont la portée engage le devenir de l'entreprise et touche tous ses secteurs, de la conception à l'industrialisation. En quelques mots les constructeurs vont devenir pénalement responsable de leur produits de leur mise sur le marché à leur destruction ! Soyons pragmatique avec un exemple qui nous concerne. Le lecteur de CD a plusieurs milliers d'euros, fiable et bien conçu va supporter une taxe écologique quasi nulle alors que le que le baladeur CD a quelques euros ou mieux le lecteur MP3 dont la durée de vie sont très courtes va voir son prix sérieusement grevé. En résumé gare au produit affublé de gadget inutiles, gare aux délires marketing des produits fantaisistes à l'innovation fumeuse. Retour du solide, du durable, du fiable, à faible consommation d'énergie, du produit "compagnon" pour plus d'une dizaine d'années. Des produits comme ceux qui ont nourri la nostalgie de vos grand-parents comme, la deux chevaux et le Teppaz, célèbre électrophone portable des années soixante. Un autre exemple qui anticipe la mise en application des directives européennes de janvier 2008. Dans la première version de l'iPod, le remplacement de la batterie n'avait pas été prévu par APPLE. La durée de vie du produit se retrouvait donc dépendante de son principal composant. Devant la grogne des utilisateurs obligés de racheter un nouvel appareil dès que la batterie approchait de la fin des cycles potentiels de recharge, le remplacement de la batterie a bien été prévu pour la version deux pour quelques dizaines d'euros par retour chez le constructeur. Ainsi que le traitement pour destruction de l'ancienne batterie, composant très polluant, a aussi été pris en charge par APPLE ! Précaution non négligeable quand on sait que le nombre de 100 millions d'IPod dans le monde va bientôt être dépassé.

iPod Nano

Revenons à ce qui nous intéresse nos précieux éléments de chaîne hifi. Comme nous venons de le voir la durée de vie d'une produit électronique est étroitement liée à la durée de vie de ses principaux composants. Reprenons le cas de notre beau lecteur de CD de quelques milliers d'euros. Un des composants principaux est la diode de lecture laser qui va lire le disque. Or la durée de vie de ce composant est très variable entre 1000 à 2500 heures dans de rares cas malheureusement beaucoup moins et parfois un peu plus. Ce qui représente pour huit heures d'utilisation par semaine un peu plus deux ans, ou plus de 5 ans dans le cas le plus favorable. Le changement de la diode laser d'un lecteur n'est souvent pas prévue au départ par le constructeur. Si la pièce en elle même n'est pas trop coûteuse, il existe deux ou trois usines spécialisées dans le monde, l'intervention d'un technicien de haut niveau est indispensable. Une retouche des réglages des systèmes d'asservissements de pilotage de la diode est souvent nécessaire. Donc notre bel appareil risque d'être définitivement immobilisé après quelques années d'utilisation. Notre lecteur personnel très sollicité inaugure sa troisième diode de lecture. Il en va de même pour tous les autres composants de notre chaîne hifi. Pour un amplificateur la valeur d'une résistance peut varier dans le temps de 1 à 1000 ! De même pour les condensateurs ou les spécifications d'un transistor de puissance. A souligner dans ce domaine la supériorité de l'ampli à tubes dont les composants sont plus faciles à trouver et à remplacer. La question du technicien compétent pour le faire reste toutefois posée. Pour une enceinte acoustique même souci pour les composants du filtre ou les suspensions des membranes de haut parleurs qui ont tendance à se déliter dans le temps. Il va donc falloir que nos constructeurs prévoient maintenant la durée de vie de leur produit. Durée plus ou moins longue pas seulement en raison d'un argument commercial mais aussi pour satisfaire aux normes du nouveau gendarme écologique. Qui peut très bien dire que dés qu'un composant est difficile à remplacer comme notre diode laser ou qu'un autre s'écarte de plus de 10% ou 15% de sa valeur initiale que le produit est considéré en… fin de vie ! Ce qui est tout à fait logique. Nous aussi comme consommateur, nous ne pouvons envisager d'investir une somme aussi importante de plusieurs milliers d'euros dans un produit dont la durée de vie est aléatoire. Nous supposions implicitement jusqu'à maintenant qu'à partir d'un certain niveau de prix la longévité de l'appareil était assurée…

L'apparence colection-vintage pour un produit... absolement neuf !

Alors comment faire ? Encore une fois éviter de prendre le consommateur pour un niais. Dans notre domaine de l'audio un supplément de prix raisonnable associé à une garantie plus longue, de 3 à 5 ans, devrait être accepté par l'acheteur et applicable par tous les constructeurs toujours sous la pression du gendarme écologique. Au delà de la durée de vie standard du produit plus de 5 ans ou plus de 7 ans les constructeurs devraient proposer un reconditionement de l'appareil dans leurs ateliers pour un prix forfaitaire de 15% à 25% de la valeur neuve. Cette solution permettrait à l'utilisateur soit de conserver son appareil encore 3 ou 5 ans selon les cas, soit de le proposer sur le marché de l'occasions pour un prix plus élevé avec une garantie de reconditionement constructeur.

Après avoir lu ces lignes vous n'avez sans doute plus le même regard pour vos précieux éléments de chaîne hifi… Pourtant on vous avait prévenu une révolution silencieuse…

Bonnes écoutes.

Frank ROMERSA

   

 
 
 
Editorial de Novembre Décembre 2007
 

Multicanal… !?

Un de nos fidèle lecteur nous a envoyé le message suivant. " En relisant il y a quelques jours un article sur un test de matériel Audio Vidéo dans un ancien numéro d’une revue HIFI-Home cinéma datant de 1999, j’ai pu lire les lignes suivantes : ….les choses changent et nous donnons peu d’années avant que les "purs et durs" de la stéréophonie succombent au chant des sirènes du multicanal…! Quel bilan peut-on tirer aujourd’hui ? Peut-on troquer son fidèle ampli à tubes pour un ampli multicanal, ou son super convertisseur pour un lecteur DVD multiformats ? Merci de votre réponse". Surtout merci de votre question ! Votre perspicacité nous permet de re-développer notre analyse sur ce sujet. thf.fr a commencé dans les années 2000, et nous avons toujours en mémoire la réflexion à l'époque d'un jeune vendeur d'un magasin de produits soi-disant culturels… "Voyons Monsieur la Hifi ça n'existe plus…". Sous entendu la stéréophonie par rapport au Home Cinéma multicanal, le regard était condescendant pour la vieille génération décidément "pas dans le coup" ! Même avec une cinquantaine dépassée nous n'avions pas l'impression d'être déjà un peu gâteux. Quelque mois plus tard dans un salon du son (!?) assourdi par les tremblement de terre, explosions et autre rafales de mitraillettes un jeune homme du marketing nous confirme cette tendance : "Un site sur la Hifi stéréophonique cela n'intéresse plus personne !" Le jeune homme n'est plus dans la société qui a pratiquement disparu, thf est toujours là avec plus de 40 000 lecteurs. Pour votre ampli à tubes selon notre expression habituelle : "Si vous tenez absolument à le jeter dites-nous impérativement dans quelle poubelle !"

Il faut choisir entre l'image et le son ! Notre réponse n'a pas changé depuis notre premier édito de 2002 sur la stéréophonie. Seul l'Opéra comme spectacle total a su concilier le Théâtre et la Musique. Les mises en scène au cinéma ou pire les productions enregistrées en DVD perdent déjà beaucoup des qualités de cette extraordinaire "performance" comme le disent les anglophones. Un des rares cas où le Son l'emporte sur l'Image, est celui de l'écoute sur un bon système stéréophonique d'un Opéra, ce qui démontre que dans ce cas l'image est inutile pour ne pas dire gênante. Nous nous situons bien sûr dans le cadre d'une écoute de mélomane, c'est à dire de quelqu'un qui accepte quand il écoute de la Musique de ne faire que cela… Avec son "fidèle ampli à tubes " nous supposons, sans risque d'erreur, que notre lecteur en fait partie. Si non dans tous les autres cas la dictature de l'image l'emporte à tous les coups ! Qu'elle soit cinématographique, télévisuelle ou pire les deux à la fois. Curieusement les bonnes Musique de film sont beaucoup plus intéressantes sans… l'image, au point que l'on a souvent du mal à les associer à la bonne pellicule ?

Pour le reste il faut parler de bruitage. C'est vrai que ces bruits peuvent participer à l'histoire que nous sommes en train de suivre sur l'écran et que leur bonne reproduction, leur bonne mise en scène à l'instant donné peut ajouter au spectacle cinématographique. Pas au point de nécessiter un ampli spécial et quatre ou cinq enceintes envahissantes dans notre salon. Autrement dit difficile de se passionner pour les harmoniques impaires de la mitraillette de Monsieur SCHWAR-ZENEGER… Alors comment choisir entre l'Image et le son ? Première solution ne pas choisir du tout avec deux systèmes séparés, en investissant le plus du coté de celui que vous préférez. Pas facile surtout si vous devez aussi concilier les goûts de toute la famille. Les constructeurs d'écran plats "embarquent" maintenant des systèmes audio de plus en plus convenables pour vous permettre de "défendre" votre "fidèle ampli à tubes". Deuxième solution essayez d'ajouter sous votre écran plat un bon petit amplificateur stéréo et deux petites enceintes de qualité, à la rigueur un caisson de grave, et musicalement les choses vont s'améliorer sensiblement. Si vous avez conservé en plus de votre lecteur de DVD (49 euros en grande surface) votre bon vieux lecteur de CD toujours branché sur l'amplificateur vous pourrez même écouter de la Musique sans image dans de très bonnes conditions…

Reste le multicanal sans image, si si cela existe ! Ou plutôt a existé dans le cerveau fébrile des hommes de marketing d'une multinationale en mal de conquête de marché. Six ou même huit canaux nécessitant le même nombre d'enceintes identiques. On croit rêver ! Le bon Monsieur CHARLIN inventeur de la stéréophonie doit se retourner dans sa tombe ! Voilà maintenant un peu plus de 50 ans qu'a sa suite des ingénieurs à travers le monde essaient de perfectionner le système. Ils ont tous la même conclusion : "C'est déjà très compliqué de faire fonctionner musicalement deux canaux alors 6 ou 8… !"


Monsieur André CHARLIN

L'expression "purs et durs" de la stéréophonie prouve déjà que le journaliste peu perspicace était aussi sourd-musical. Comme notre lecteur nous ne sommes ni purs ni durs de quoi que ce soit. Ce que nous recherchons dans la quête des meilleurs appareils de reproduction musicale, c'est l'immense plaisir du concert à la maison, de l'écoute intime, d'une realation privilégié avec le musicien. Ce qui n'empèche nullement d'aller au concert ou de voir un Opéra de temps en temps. Les hommes de marketing devraient faire attention nous ne sommes plus une espèce en voie de disparition comme ils ont voulu nous le faire croire ces dernières années. Les ventes de disques classiques et de jazz remontent avec la vogue des intégrales à prix budget. Radio Classique augmente tous les jours le nombre des ses auditeurs. Tous les concerts classique sont à guichets fermés. Enfin lassés de la "soupe sonore" proposée par les maisons de disque espérons que la jeune génération va découvrir le plaisir du grand Son, de la vrai Musique.

Vive la Haute Fidélité !
Frank.Romersa@thf.fr

PS : Pour illuster notre dernier propos Carmen de Bizet est donné à Paris Bercy début décembre...
5 000 places !