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Les anciens éditos

 
 
 
Editorial de Septembre Octobre 2006
 

Amplificateurs… Tubes ou Transistors ? Classe A ou Classe AB ? Classe D ou Classe T ? Classe H !?

Difficile de s'y retrouver pour choisir son amplificateur. L'amplificateur est souvent considéré à juste titre comme l'élément principal d'une chaîne Haute Fidélité. Un peu comme le socle sur lequel on va essayer de bâtir le meilleur système possible. Sa technologie est relativement ancienne, le tube à vide été inventé par Lee de Forest en 1906. Le transistor à effet de champs est breveté en 1934 par le Docteur Oscar HEIL, inventeur par ailleurs d'un célèbre haut parleur qui porte son nom. L'amplificateur a beaucoup évolué dans le temps, particulièrement au début des années soixante avec la production de masse d'amplificateurs à transistors à des prix abordables, le plus souvent d'origine japonaise,. La Haute Fidélité est alors sortie du domaine des passionnés bricoleurs pour devenir le produit grand public que nous connaissons aujourd'hui.


Triode de Lee de Forest

Le tube en amplification audio a connu "une traversée du désert" jusque dans les années quatre vingt, époque ou JADIS une jeune société française décide de remettre en valeur ses incontestables qualités musicales. Une mention aussi pour le constructeur américain AUDIORESEARCH qui n'a jamais cessé de proposer des amplificateurs à tubes à ses clients. Nous n'entrerons pas dans une querelle de chapelle pour savoir si le tube est définitivement supérieur au transistor ou… l'inverse selon leurs prétendants respectifs. Un bon amplificateur à transistor est sûrement plus musical qu'un mauvais amplificateur à tubes et… vice versa ! Lors d'écoute en présence de grands spécialistes de l'audio, la conclusion est souvent la même. Cet ampli à tubes est superbe ! Il a même les qualités d'un transistor ou cet ampli à transistors est splendide ! Il a même les qualités… d'un ampli à tubes ! Il est vrai qu'au début de sa carrière l'amplificateur à transistors ne brillait pas par ses qualités musicales. Et puis, comme nous le faisons souvent remarquer ici, les ingénieurs se sont mis au travail et certaines séries de transistors sont devenues célèbres chez TOSHIBA, MOTOROLA, SANKEN, HITACHI… Là aussi nous n'entrerons pas dans la querelle de chapelle entre transistors bipolaires ou mosfet ou autre jfet. A retenir simplement que le transistor est l'élément le plus important, le "moteur" de l'amplificateur. Il y a une forte probabilité qu'un applicateur équipé d'un "puspull" de SANKEN N°XXZZZWW de la marque X sonne de la même manière que l'amplificateur de la marque Y équipé… des mêmes transistors.


Différents modèles de transistors

La plus part des amplificateurs du marché fonctionnent en Classe AB. C'est à dire qu'un transistor s'occupe de la partie positive du signal, un autre de la partie négative du signal. Ce montage à l'avantage de la simplicité et donc d'un faible coût de production. Malheureusement il a aussi des défauts dont notamment la distorsion d'inter modulation entre la partie positive et négative du signal, corrigée par des montages sophistiqués et des transistors parfaitement appairés, ce qui à nouveau augmente les coûts. Pour éviter les problèmes posés par la distorsion d'inter modulation, les concepteurs ont proposé des montages en Classe A ou en pure Classe A. Un seul transistor pour la partie positive et négative du signal, mais là aussi avec quelques inconvénients. Montage très coûteux en raison de grosses alimentations avec transformateurs de grandes dimensions. Perte importante de rendement, encore plus importante en pure Classe A. Beaucoup d'énergie est perdue en chaleur, même en l'absence de signal et donc à nouveau installation d'un coûteux et pondéreux, système de radiateurs de refroidissement pour que le durée de vie de l'amplificateur reste raisonnable… Beaucoup de constructeurs ont adopté une classe A sur quelques dizaines de watts, l'amplificateur passe en classe B au delà. Bien que certains amplis classiques en Classe AB soient très séduisants à l'écoute, les avantages en musicalité de la Classe A ou pure Classe A sont incontestables. Bien meilleur suivi mélodique, profondeur de l'image sonore, restitution des micro-détails, beauté des timbres et gain en dynamique… A part quelques constructeurs spécialisés dans les fortes puissances, KRELL, ACCUPHASE, MARK EVINSON, PLINIUS. Les amplificateurs en pure Classe A ne délivrent que quelques dizaines de watts et donc nécessitent des enceintes à bon rendement (efficacité) plus de 90 dB par exemple. Dans les puissances de cinquante watts et plus, 100 ou même 250 watts, les appareils deviennent très imposants en poids et dimensions pour des prix de vente… proportionnels ! Alors que faire ? Les ingénieurs se sont remis au travail. Des progrès substantiels ont été réalisés avec les alimentations à découpage, Classe H, qui ont permis de résoudre le problème de la température élevée et d'obtenir de fortes puissances, 500 watts par exemple pour LINN et YAMAHA. Mais les prix restaient élevés.

Amplificateur FLYNG MOLE Classe D - 2 x 100 watts

La Classe D est apparue en début d'année. Les premiers amplificateurs sont disponibles sur les étagères de vos revendeurs préférés. De l'extérieur les amplificateurs ont des boîtiers plus petits pour des puissances relativement plus élevées qu'en Classe AB. Attention il ne s'agit pas d'amplification numérique comme pourrait le laisser croire par erreur le D comme Digital ! Le signal est "découpé" en tout petits morceaux à très haute fréquences et le transistor au lieu de délivrer régulièrement une tension proportionnelle au signal commute à haute vitesse sous forme de très brèves impulsions. La Classe D présente de nombreux avantages, pas de chaleur, puissance élevée avec un meilleur pilotage des haut-parleurs pour les enceintes à faible rendement, coût de production et donc prix publics tout à fait raisonnables… Et musicalement ? Les premières écoutes sont très positives, beaucoup de fluidité de délié, belle image sonore… à suivre ! Juste quelques mots sur une variante de la Classe D, la Classe T qui est en fait une marque déposée par la société américaine TRIPATH TECHNOLOGY basée sur l'utilisation de ses propres composants et montages.

Une nouvelle occasion de prendre vos disques sous le bras et de pousser la porte de votre magasin préféré pour vous faire une opinion !

Bonnes écoutes.

Frank ROMERSA

   

 
 
 
Editorial de Novembre Décembre 2006
 

Le plaisir du son

Nous essayons de comprendre ce qui nous fait passer le plus clair de notre temps au milieu des transistors, des haut parleurs et autres câbles ou accesoires ? Ce qui nous faits dépenser un grande partie, parfois au-delà, de nos petites économies ? Ce qui fait que nous ayons un regard nostalgique pour une boite noire plein de résistances, de transformateurs, de tubes, et autres bizarreries électroniques ? Ce qui fait que depuis plus de trente ans la Haute Fidélité soit pour nous un tel centre d'intérêt souvent incompréhensible pour nos proches ? Ecouter de la Musique bien sûr, la Musique avec un grand M ! Mais pas seulement. Il y a le concert comme autre moyen pour écouter de la Musique en vrai, le concert de sons acoustiques sans EDF évidemment. Voilà déjà une grande partie de la réponse à nos réflexions : le son ! Oui le son, cette infime vibration de l'air qui vient charmer nos oreilles au point de devenir une douce dépendance, dangereuse pour Ulysse et ses compagnons ! Le son, le sujet de longues conversations entre initiés qui ressemblent souvent à celles des gastronomes…

Piano Steinway Model D Grand Concert 274

Sans vouloir plagier un animateur de télévision et sa campagne contre la perte des valeurs gustatives, nous sommes dans notre domaine arrivés au même constat. Nous avons perdu le goût du son. Demandez à un adolescent, à un jeune adulte ou même à un adulte plus mûr : quand avez-vous écouté un piano la dernière fois ? La réponse est édifiante : tout à l'heure dans la voiture il avait un solo génial ou hier soit à la télé… Vous reformulez alors la question : quand avez-vous écouté un piano en "vrai" la dernière fois. Vous précisez alors, en "vrai" c'est à dire sans aucun intermédiaire électroacoustique, juste la vibration de l'air, entre le piano et votre tympan. Pour avoir fait le test de nombreuses fois nous vous garantissons l'effet obtenu. Un regard vague témoin d'un incompréhension profonde. Quand il ne s'agit pas d'un regard carrément dédaigneux pour celui qui ne sait même pas ce qu'est un… clavier de synthétiseur ! Or l'instrument acoustique garde sa signature sonore, non seulement d'un instrument à un autre, mais aussi dans le temps. Ah ! Monsieur, un piano ERARD d'avant 1947, c'était quelque chose ! Soupir plaintif d'un vieux mélomane. Comme le vin le son a des millésimes et ses "taste-sons" ! Chaque grand pianiste a mis en valeur son instrument ! Au point qu'une cabale a obligé la célèbre maison STEINWAY & SONS de New York a préciser par communiqué de presse que Monsieur Wladimir HOROWITZ utilisait un piano standard N°5264 entretenu par leurs soins et que ce dernier n'avait subi aucune modification ! Par contre pour son Köln concert Keith JARRET aurait été obligé d'avouer que le son extraordinaire de son STEINWAY avait été obtenu par la modification de la mécanique du clavier par une société allemande spécialisée… Arturo Benedetti MICHELANGELLI se déplaçait à travers l'Europe au début du siècle dernier avec ses deux pianos ! L'immense par la taille et par le talent Sviatoslav RICHTER ne jouait en concert que sur le même piano YAMAHA, toujours suivi par son accordeur…

Piano Bosendorfer Concert Grand 280

Depuis presque trente ans la musique électronique a fait des ravages dans les jeunes, et moins jeunes oreilles. Au point de perdre toute notion de son référent comme on a pu le voir plus haut. Où est le son original ? Dans le cerveau de l'arrangeur du mixeur sans doute, mais ensuite ? D'un clavier électronique à un disque dur, d'une table de mixage à un autre disque dur, d'un transfert sur CDRom au studio de mastering puis au disque glass master pour l'usine de "pressage" etc… Que reste-t-il du son "original" au départ déjà virtuel ? Rien à comparer, rien à identifier ! Oui mais au concert ? C'est pire car vous avez l'illusion d'une musique en "vrai", en live quoi ! L'illusion seulement car vous entendez surtout le son d'un microphone, d'un câble, d'une grosse table de mixage avec tous les effets électroniques adéquats. Le son des énormes systèmes d'amplifications multicanaux de plusieurs dizaine de milliers de watts, encore des centaine de mètres de câbles et enfin les châteaux, c'est le terme technique utilisé, d'enceintes de sonorisation, voilà ce que reçoivent vos oreilles ! Encore une fois où est le son original ? Où est le son de référence pour comparer ? Quel est le timbre de la voix de la dernière "star kleenex" à la mode ? Un son tout prêt, conditionné, formaté, packagé par les hommes de marketing. Si, si ils osent même se faire appeler directeur artistique ! Un son livré "en conserve" par une multinationale dans le cadre d'une stratégie planétaire. Pour plagier un slogan devenu célèbre : vos oreilles nous intéressent… Il s'agit d'un énorme business comparable à celui de l'agroalimentaire. Pour ceux qui voudraient retrouver la "fraîcheur" d'une vrai mise en scène sonore, il faudra rechercher un vieil album de Jacques BREL intitulé LES MARQUISES. Il y a vingt huit ans que le grand Jacques nous a quitté et dans cet album il est toujours vivant ! Du clavier électronique au baladeur MP3 il n'y avait qu'un pas. Reconnaître un BOSENDORFER même à 128 K/Bits seconde…dur, très dur ! Impossible d'espérer un début d'ivresse sonore avec d'aussi mauvais flacons ! Ulysse ne risque plus rien le chant de la sirène est devenu inaudible !

Alors après quelques concerts de Musique acoustique toujours sans EDF ! Prenez quelques disques et poussez la porte d'un magasin de haute fidélité, très vite vos oreilles vont vous donner leur avis !

Bonnes écoutes.

Frank ROMERSA


   

 
 
 
Editorial de Janvier Février 2007
 

Les meilleurs appareils… du Père Noël !

En cette période de fêtes nous nous sommes laissés aller à une douce rêverie. Quels sont les plus beaux éléments d'une chaîne haute fidélité que nous pourrions désirer ? Que pourrait nous apporter le père Noël? Devant nos yeux défilent des amplificateurs, des lecteurs de CD, des enceintes, tout ce qui a pu charmer nos oreilles ces dernières années. Les appareils découverts au cours d'un salon de haute fidélité en France ou en Europe. Le coup de fil urgent d'un de nos amis aux "oreilles d'or" : Comment ! Tu n'as pas encore écouté le XZD de chez AUDIOEXTASE ? En même temps que les sons de ces merveilles nous reviennent en mémoire, les prix pharaoniques s'additionnent pour nous ramener à une réalité brutale. Alexandra, 6 ans, en train de préparer sa commande a deviné nos pensées. "Papy ne t'inquiète pas, le Père Noël ne paie pas les cadeaux !"

Bien sûr, nous aurions dû y penser plutôt ! Nous pouvons donc continuer sereinement notre rêverie. Voyons par où commencer ? Les enceintes, cet "objet meublant" selon la définition fort peu poétique des juristes, passionnent en priorité les amateurs de haute fidélité ? Il faut dire qu'il en existe de toutes les tailles, de la colonne imposante de plus de deux mètres de haut, au format bibliothèque à la face avant plus petite qu'une feuille A4 ! De toutes les formes et dans presque tous les matériaux des essences rares de bois exotiques au carbone de haute technologie. Pourquoi cette passion pour l'enceinte plus répandue que pour l'électronique ? L'objet en lui-même qui doit allier esthétique et fonctionnalité, "meuble" quotidiennement présent dans l'intimité de notre intérieur ? Difficile à dire, peut-être aussi parce que c'est elle qui va dessiner les plus beaux décors de la scène sonore ? Autrement dit l'élément qui va déterminer tout le reste ? Il est vrai qu'il vaut mieux choisir ses enceintes en priorité et ensuite rechercher l'amplificateur et les câbles qui vont le mieux la mettre en valeur.

Le Père Noël ne peut attendre il lui faut notre sélection ! En premier comme enceinte c'est assez facile, nous commandons une paire de grande UTOPIA de FOCAL. En second c'est déjà plus compliqué… La belle Italienne est irrésistible pour la seconde place, la Stradivari Homage de SONUS FABER. En troisième une belle américaine gagne la partie, K2 S 9800 de JBL. La Danoise et l'Anglaise sont au coude à coude pour la quatrième place, très longue hésitation… Le diamant gagne finalement sur la couronne, en quatre la B&W 802 D et en cinq la confidence C2 de DYNAUDIO. En six, plus facile la Glenair de TANNOY s'impose dans ce créneau. Enfin la plus petite de taille mais incroyablement musicale, la PROAC Tablette Response 8 Signature ! Ne cherchez pas les prix puisque l'on vous dit que le Père Noël…

Pour les amplificateurs même scénario, le premier est facile à distinguer, un Américain le discret constructeur HOVLAND avec l'amplificateur de puissance stéréo RADIA et le préamplificateur HP200. Le deuxième est aussi Américain mais à tubes cette fois, préamplificateur LL2 et amplificateur stéréo ML1.1 de LAMM industries. Dure compétition pour la troisième place le Japonais AIR TIGHT, amplificateur à tubes ATM2 et préamplificateur à tubes ATE 2 l'emporte de peu. Devant le Français LAVARDIN quatrième avec son préampli PR 6.2 et le bloc de puissance mono MAP. Redoutable "outsider" en rapport qualité puissance prix le PLINIUS 9200 arrive en cinquième position. Enfin une perle de musicalité à la puissance modeste mais à la dynamique surprenante l'ETALON Origo est septième. L'amplificateur c'est un peu le mystère de la chaîne Haute Fidélité, un discret metteur en scène sans lequel rien ne serait possible. L'image sonore large et profonde, les timbres délicats c'est lui. Le maillon le plus actif de la chaîne celui dont la puissance donne ses fondations au message sonore.

Les lecteurs de disque compact ont fait d'énormes progrès ces dernières années au point de rendre obsolète les productions des années 90 et quasi inécoutables celles des années 80. Petit à petit on se rapproche des qualités de timbres du vinyle plus les avantages du numérique en terme de dynamique, d'image et de qualité du grave. Grand progrès aussi en présence et définition. Un Français AUDIOAERO et un Suisse ORPHEUS aux premières places qui tout deux utilisent des convertisseurs numériques analogiques de même origine. Avantage final au Français avec son remarquable étage de sortie à tubes "subminiature" de son lecteur Capitole. L'écoute est au-delà de la platine analogique. Que les fans du vinyle se consolent il fallait bien que cela arrive un jour… Un surprenant Américain plus connu pour ses amplificateurs arrive en troisième position le N° 390 S de MARK LEVINSON à noter une fonction pré amplification analogique très complète comme pour le Capitole. Une confirmation avec le DL2 d'EERA dont le savoir-faire avait déjà été remarqué à la fin des années 90 avec les anciens produits Hélios. En dernier lieu un anglais et non des moindres REGA et son Saturn au rapport qualité prix remarquable. A souligner pour le Saturn l'alliance avec l'Ecossais Wolfson le fabricant de convertisseur.

Pour les câbles éviter comme le Père Noël d'avoir une calculette sous la main… ! Les câbles sont devenus un maillon à part entière de la chaîne haute fidélité au point de pouvoir la transformer radicalement. Les heureux propriétaires qui ont pu se les offrir se demandent encore aujourd'hui comment ils ont pu écouter leur système avant ! Et pour les autres dont nous faisons partie, difficile après une écoute, de freiner le petit délire. Du genre, voyons si je vends un bon prix ma voiture d'occasion et avec un petit crédit en complément sur 60 mois etc… ESPRIT CABLES mérite bien son nom, ils ont du mettre un peu de sorcellerie dans un fil de cuivre ! Il paraît que le CNRS cherche une explication théorique, peut être du coté des travaux de Monsieur JOHANET ! LAVARDIN a commencé ses recherches là où celles des autres se sont arrêtées, un slogan bien mérité pour les câbles aussi. SILTECH lui en fabrique depuis 22 ans ! La maîtrise et l'expérience d'un grand industriel.

Alexandra nous a donné le mot de la fin. "Papy tu sais, le Père Noël ne t'apportera pas tout ce que tu as demandé cette année, peut être l'année prochaine…" Alors en attendant 2008.

Bonne année 2007

Frank ROMERSA
Frank.Romersa@thf.fr

   

 
 
 
Editorial de Mars Avril 2007
 

Les Meilleurs du Monde !

Nous avons longtemps hésité avant de lancer notre classement : Les Meilleurs du Monde ! Ce titre, même avec beaucoup de prétention, a au moins l'avantage de dire exactement…ce qu'il veux dire sans aucune ambiguïté. Que le lecteur se rassure, chez thf, nous sommes toujours mélomanes, pas encore mégalomanes ! Nous avons cherché, plus précisément, comment donner des repères à nos lecteurs dans la passionnante quête d'un "Graal" sonore que constitue le choix des éléments d'un système de haute fidélité. La lecture d'un site illustré avec humour, destiné aux débutants par un magasin spécialisé nous a conforté dans ce choix. Plus particulièrement une phrase en exergue : "Les tests dans la presse sont tous dithyrambiques qu'un appareil coûte 200 ou 10 000 euros…" A ce très juste constat, il faut ajouter que le mois prochain ce sera à nouveau d'autres appareils de 200 à 10 000 euros qui recevrons une distinction souvent injustifiée. Changer de système haute fidélité tous les mois serait à court terme intéressant pour la profession, à court terme seulement. Les vrais produits durent dans le temps, malgré les progrès remarquables dans certains domaines ces dernières années, convertisseurs ou câbles par exemple, la technologie avance lentement. Le premier brevet concernant le haut parleur électrodynamique que nous connaissons aujourd'hui, date de…1877 !


Premier haut parleur à bobine mobile
de Mrs Rice et Kellog de GENERAL ELECTRIC
brevet N° 1 812 389 d'avril 1925

Comment avez-vous organisé la sélection des candidats, et ensuite des élus pour les Meilleurs du Monde ? Question tout à fait légitime que doit se poser le lecteur. Au lieu d'attendre, avec condescendance comme certains de nos confrères, que les constructeurs nous apportent respectueusement leurs produits à tester, nous avons préféré faire l'inverse ! Dans un souci de complète indépendance depuis de longues années nous sommes partis à la recherche de produits dans les magasins de l'hexagone, dans les salons nationaux et internationaux, Paris, Munich, Londres, Bruxelles comme en témoignent nos reportages photos. Nous avons ainsi gagné la confiance de nombreux professionnels et de pas mal de confrères…de la presse étrangère. Comme vous devez vous en douter il se passe beaucoup de choses dans les couloirs d'un salon comme dans l'arrière boutique d'un magasin. Les langues se délient, les opinions deviennent plus objectives. Il arrive même que certains disent du bien de leurs concurrents ! Avec le temps nous avons constitué notre petit réseau des "oreilles d'Or" ce qui nous permet de confronter ou de conforter notre propre jugement. Et devant notre insistance sur quelques appareils candidats, on nous a fait l'honneur de considérer que nous n'étions pas encore complètement sourd-musical ! Le plus souvent nous nous retrouvons sur les mêmes élus et ce depuis de longues années. Alors pourquoi ne pas le dire, ou mieux l'écrire ? Ensuite nous avons décidé que cette liste serait mise à jour chaque année au premier janvier… après avoir attendu le Père Noël avec Alexandra. Prévoir quelques ajouts très peu de suppressions… sauf bien sûr si le produit n'est plus fabriqué ou n'est plus disponible dans l'hexagone.


Salons de Haute Fidélité à Paris, Munich, Bruxelles...

Tous ces produits quand ce n'est pas déjà le cas, vont faire l'objet d'un banc d'essai détaillé dans nos colonnes. A cette occasion vous allez découvrir de nouvelles signatures chez thf. Très peu de modifications dans notre style d'analyse, et toujours pas de mesures ! Relire à ce sujet l'excellent texte de Monsieur JOHANET et plus particulièrement le premier paragraphe intitulé "Le divorce entre la mesure et l'écoute" dont nous avons extrait la phrase suivante : " Le taux de corrélation entre appréciation subjective et note technique est inférieur à 0,3, ce qui traduit mathématiquement une indépendance à peu près complète entre mesures et musicalité…" Donc chez thf, point de coûteux gros laboratoires avec des blouses blanches qui préfèrent contempler les indications de leur oscilloscope dernier cri, plutôt que de faire confiance à la sensibilité de leurs oreilles. Les mesures des grands constructeurs sont fiables et le risque serait trop grand pour eux qu'elles ne le soient pas ! Ceci malgré quelques rares incertitudes sur les seules mesures qui peuvent être prises en compte pour confirmer une sensation auditive : le rendement (ou efficacité), et le rapport signal bruit. Rendez-vous compte, mon enceinte monte à 20 000 Hertz et descends à 20  Hertz ! Fondamental ! Surtout quand on sait que même chez un individu jeune, la sensibilité de l'oreille baisse selon une pente à 18 dB par octave à partir de 17 000 Hz. Et que pour entendre le vingt Hertz à un niveau sensible nous ne voyons guère que Notre Dame à Paris un jour ou le Grand Bourdon est bien réglé, ou peut être le camp militaire de Canjuers un jour d'entraînement des canons de 155 millimètres...



Grand Orgue de Notre Dame de Paris

Il est vrai que notre travail relève parfois du rite ésotérique d'une société secrète dans le genre, rendez-vous chez Untel jeudi à 19 heures, prévoir de passer deux nuits, le XYZ et les ABCD et le GKY seront rodées et en chauffe depuis quarante huit heures… Le rendez-vous n'est pas forcément en France. Nous nous sommes souvent étonnés des écarts d'appréciation avec nos confrères de la presse papier. Une des raisons est la suivante : un câble modulation ou câble haut-parleur a besoin d'être rodé pendant plusieurs jours ! Nous avons eu nous même du mal à l'admettre ! Imaginez pour une électronique surtout si elle comporte un partie mécanique comme un lecteur de CD ! Certaines enceintes électrostatiques mettent plusieurs mois à se roder ! Dans les magasins spécialisés en haut de gamme les appareils de démonstration ne sont jamais vendus, et l'acheteur est prévenu de la contrainte du rodage.

Dans la logique de ce qui précède nous avons cessé de mettre à jour notre base de données sur les distinctions distribuées par la presse spécialisée française. Nous espérons très prochainement mettre en ligne les distinctions obtenues dans la presse anglo-saxonne. Enfin à bien noter ce n'est pas parce qu'un produit n'est pas classé dans les meilleurs du monde que c'est un mauvais produit ! Nous pouvons avoir fait des omissions. Vos oreilles peuvent découvrir d'excellents produits tout à fait dignes d'entrer dans la compétition pour les Meilleurs du Monde en 2008. Notre boîte aux lettres est juste en dessous…

Bonnes écoutes !

Frank ROMERSA
Frank.Romersa@thf.fr

   

 
 
 
Editorial de Mai Juin 2007
 

De la testomania !

C'est une forme "d'audiopathie" relativement répandue. Les symptômes sont relativement faciles à observer. Le sujet préfère "écouter" le son des condensateurs ou des résistances plutôt que de la Musique, même avec un M minuscule. En général très peu de disques sur les étagères mais beaucoup de magazines spécialisés plein de chiffres et de graphiques compliqués, parfois dans les cas extrême le fer à souder à proximité est encore chaud. Autre signe, un langage obscur assez ésotérique du genre : courbe plate (sic !) de 20 à 20 000 Hz, ou la KT88 de Duchmol est bien meilleure que l'EL 84 de chez Audiotruc surtout avec un câblage en l'air (re sic !) ! Gérard Chrétien et Jean Hiraga ont inventé le joli mot d'audiophile, titre de la célèbre revue publiée vers la fin des années soixante dix. Quelques mauvais esprits, un peu jaloux de leurs compétences et aussi sans doute un peu durs d'oreille, ont eux inventé, le mot beaucoup moins joli, "d'audiopathe". Ils voulaient ainsi stigmatiser ceux, qui selon eux coupaient les décibels en quatre… Surtout quand ces derniers refusaient d'acheter des produits dont les vertus musicales étaient beaucoup plus difficiles à percevoir que la marge bénéficiaire espérée…

La "testomania" sévit dans notre pays depuis presque trente ans ! Elle est due en grand partie à la presse papier spécialisée qui a publié chaque mois pendant toutes ces années bon nombre de bancs d'essai. L'enceinte machin a obtenu douze étoiles chez HiFi Obsession ! L'amplificateur M27 modèle 32 a reçu un "Achat obligatoire" de La Voix du son etc… Quelques informations parfois intéressantes en dehors du fait que la société Alps ait vendu beaucoup de potentiomètres. Beaucoup de mesures techniques dont on sait aujourd'hui qu'elles représentent une toute petite partie du potentiel musical d'un appareil. Un peu comme apprécier un paysage nocturne à la lueur des phares d'une voiture… Mais la testomania a généré ses "fans", ses "convertis" du temps de montée, ou de la courbe de réponse plate à plus ou moins un Décibel et autre signaux carrés, très carrés ! Hors de ces critères point de salut et surtout pas de musique ! La moindre appréciation ou note est commentée, analysée, polémiquée ! Untel a dit que la dynamique est ahurissante ! Chose a dit que la bande passante est quasi infinie ! Les aigus sont luminescents ! Le réalisme saisissant ! Vous rendez vous compte ! Nous même pour nos premiers bancs d'essai, avons eu du mal à éviter ce langage tout à fait superfétatoire, digne d'un bonimenteur de rue. Mais petit à petit le nombre des "fans" s'est accru, la testomania a atteint le plus grand nombre.

Autre facette de la testomania, la certitude de détenir la vérité ! Après de longues heures de lecture, non pas d'écoute, pour s'auto-convaincre que l'enceinte machin est la meilleure, il pourrait difficilement en être autrement. Et le lecteur devient prescripteur. Il va porter la bonne parole autour de lui... l'enceinte machin est de loin la meilleure ! Dans beaucoup de cas admettons que le résultat soit positif, que l'écoute est proche des prétentions de la littérature technique. Ce que l'acquéreur oublie c'est que le temps passe. Les ingénieurs continuent à travailler et parfois arrivent à se remettre en question, à progresser… sensiblement, même dans la même marque ! Nous parlons d'une période de plusieurs années, de dizaines d'années, pas de mensualités comme le laisse croire le rythme de la presse. Alors ce travers se transforme souvent en une douce nostalgie du genre : rien ne remplacera le modèle à transistors hélicoïdal inversé de chez Truc, ça c'était quelque chose ! Des affirmations aussi tranchées que d'autres sans fondement : chez machin ils n'ont jamais su faire du son ! Beaucoup d'idées reçues chez le testomaniaque, quand discrètement vous essayez de savoir quand la dernière fois il a entendu fonctionner le produit en question, la réponse est très vague. Quand ce n'est pas le copain qui a un copain professionnel de Radio Couloir qui a dit que… C'est vrai que ce n'est pas facile d'écouter de nombreux systèmes dans de bonnes conditions, les magasins sont là pour vendre pas pour faire de la diffusion culturelle comme certains semblent le croire. Il y a quand même les salons parisiens et les salons des magasins en région qui permettent d'écouter des produits nouveaux. Les écoutes chez les amis amateurs pour petit à petit se faire une opinion plus nuancée et surtout plus objective.

Pas facile de se rendre compte qu'un transistor mos-fet monté en simple sortie ne module pas de la même manière qu'un bi-polaire en triple push-pull, ou qu'une EL84 de 12 watts "timbre" plus précis avec plus de couleurs que 6 tubes 6550 de 80 watts à tendance monochrome. Même sans être un spécialiste il faut savoir que chaque solution technique a ses avantages… et ses inconvénients. A la différence du "testomanique" c'est à l'oreille qu'il faut avancer prudemment après de longues écoutes. Confronter ses sensations auditives avec les bonnes oreilles de vos proches. Nos amis sont toujours là, bien plus compétents que nous en acoustique ou en électronique, précieuses boussoles quand nous perdons le nord. Eux aussi connaissent le charme discret du son de la sixième corde d'un viole de gambe. Et si un fer à souder traîne par là on en parle jamais. Car le but ultime de tous ces efforts est la Musique et seulement la Musique.

Avant de vous plonger dans la lecture de la presse spécialisée ou même dans celle de thf.fr, commencez par le commencement : écouter de la Musique (si possible sans EDF) ! Au concert ou sur le système de vos amis, commencez une petite collection de disques de musique acoustique. Vous allez "former" le plus précieux des outils pour choisir un appareil de haute fidélité : votre oreille ! Et au delà découvrir vos premières émotions musicales, votre sensibilité au "beau" son, au très "beau" son. En réalité à la vraie Musique sans laquelle le "beau" son n'existe pas  ! Soyez rassuré votre oreille et vos émotions ne vous tromperont jamais ! Vous pourrez ensuite pousser la porte du magasin de votre choix en toute sérénité…

Bonnes écoutes !

Frank ROMERSA
Frank.Romersa@thf.fr

Nous remercions Eric TARTRAIS pour ses excellents dessins et le site
ABC - HiFi qui ont bien voulu nous accorder les droits de publication.

Site Eric TARTRAIS >>>
Site ABC-HiFi >>>

   

 
 
 
Editorial de Juillet Août 2007
 

Cultiver ses oreilles en vacances !

Nous avons reçu le message suivant, inutile de vous dire que nous l'avons lu avec grand plaisir !

"Votre édito d'il y a plusieurs mois concernant la musique sans EDF m'a interpellé. L'idée a fait son chemin, et je suis allé voir mon premier opéra, Les Comtes d'Hoffmann à l'Opéra Bastille en février 2007. J'ai passé un moment fabuleux. Sans votre édito je ne sais pas si je serais un jour allé à l'Opéra, et j'aurais vraiment manqué quelque chose. Je compte maintenant y retourner de temps en temps. Je tiens à vous remercier pour cette suggestion. Bravo pour votre site et surtout continuez !!!" Jérôme.

Un seul regret celui de ne pas avoir accompagné Jérôme pour ce spectacle ! Un extrait des Comtes d'Hoffmann fait partie de notre disque de test, la version de l'Opéra de Lyon dirigée par Kent Nagano, avec José Van Dam, Nathalie Dessay, et Roberto Alagna. Comment juger des qualités de reproduction sonore d'un système de haute fidélité sans comparer avec un original ? Seul un son purement acoustique sans aucun intermédiaire à part la vibration de l'air entre le musicien et nos tympans permet une comparaison. Et si Jérôme écoutait maintenant un disque avec le grand air : "J'ai des baromètres, j'ai des hygromètres…" Son oreille va immédiatement lui dire si le son ressemble à celui du spectacle et si l'émotion revient…




Les Comtes d'Hooffmann d'Offenbcah Orange 2005

Pour la Musique en vacances nous vous conseillons de suivre l'exemple de Jérôme : écouter de la Musique sans EDF ! Sauf pour l'éclairage tout de même ! Ecouter un son "vivant" et non pas faussement "live" avec quelques centaines de milliers de watts fournis par …? Bien sûr comme nous l'avons déjà écrit ici les places sont chères. Mais il ne faut pas oublier de rémunérer plus de cent personnes toutes artistes ou techniciens de très haut niveau et qui sont présentes sur scène et dans les coulisses pour votre plaisir, pour que votre souvenir soit inoubliable. L'opéra est un spectacle total pour le ravissement des yeux et des oreilles au point de faire ressembler votre écran de télévision à un timbre poste et le son à un lointain galimatias. Même le grand écran de cinéma devient… plat, à coté d'une scène d'Opéra pleine de couleurs, de relief et… de vie ! Tout cela mérite bien quelques euros…



Didon & Enée de Purcell Aix en Provence 2004

Il y a aussi les concerts, le jazz, l'occasion d'entendre le "vrai" son des instruments. De saisir toutes les nuances subtiles qui font le jeu du musicien. Entendre pour une fois un piano en "vrai", sentir la puissance et les capacités expressives de ce merveilleux instrument. A croire que certains interprètes ont douze doigts à chaque main ! Tant leur facilité a faire "couler" la musique est impressionnante ! Le piano couvre presque tous les registres, seul le violon et la contrebasse le dépassent aux deux extrêmes grave et aigu. C'est la plus belle palette sonore que beaucoup de compositeurs ont fait resplendir de couleurs incroyables. Vous n'entendrez plus vos disques de la même manière, car votre oreille a de la mémoire. Elle a enregistré le timbre de l'instrument dans sa "bibliothèque" sonore, maintenant elle va rechercher le son qui s'en rapproche le mieux. Aller au concert "vivant" n'est pas innocent, c'est "cultiver" ses oreilles en leur faisant découvrir le son "vrai" indispensable à la Musique avec un grand M.



Festival de piano de la Roque d'Antheron 2006

Enfin, comme nous, vous avez eu envie d'emporter votre chaîne hifi en vacances. Comme nous vous avez songé à un petit système facile à déplacer. Petites enceintes format bibliothèque, petit ampli et lecteur de Compact Disc très compact ! Très bien mais les disques ? Lesquels emporter en sachant que l'on va sûrement oublier l'indispensable à écouter en avant sieste !

 

Voici la solution que nous avons finalement mis au point et qui va nous accompagner cet été. Un baladeur iPod de 80 giga-octets pour coder en Apple Lossless plus de 400 cd ! Câble ESPRIT pour le relier à l'ampli casque TALISMAN T-35H et enfin le casque GRADO SR325. Huit jours de musique dans la poche avec le plaisir de pouvoir butiner de Vivaldi à Stravinsky sans la nostalgie du système laissé à la maison !

Bons concerts et bonnes écoutes !

Frank ROMERSA