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Les anciens éditos

 
 
 
Editorial de Juin 2003
 

Vous avez dit ésotérique ? (2)

Nous évoquions devant un constructeur d'électroniques audio très sérieux la question des câbles et de leur influence sur le rendu sonore d'un système de haute fidélité. La réponse fût catégorique ! "Tout cela c'est de l'ésotérique ! Que je sache les électrons vont toujours à la même vitesse !". Nous avons eu envie d'ajouter en pensant à un grand absent : "Circulez y a rien à voir !"

Nous avons cru longtemps que l'absence de formation en électronique pouvait être un handicap pour s'intéresser de près au monde de la haute fidélité. Nous en sommes aujourd'hui à nous demander si ce n'est pas un avantage ! Tel Candide nous posons des questions, mais surtout nous notons soigneusement les réponses… Suivant le principe élémentaire de cohérence il nous arrive d'être un peu interloqué par des affirmations pour le moins contradictoires.

Il est difficile d'accepter pour un "scientifique" qu'un audiophile par essai erreur, par empirisme, puisse parfois prendre un peu d'avance sur… la recherche fondamentale. Effectivement c'est un peu vexant ! Mais le fait est réel, et les cas nombreux où les conclusions des audiophiles ont été confirmées plusieurs années après par de sérieux laboratoires.

Quelques exemples, il y a plus dix ans maintenant, les fabricants ont proposé à leurs clients une sortie ( prise ) pour fibre optique sur leur lecteur de disques compacts. Il était sous-entendu que c'était l'avenir et que le vulgaire câble numérique en cuivre serait promptement balayé par ce progrès quasi historique! Une ère nouvelle des amplificateurs numériques allait s'ouvrir grâce à la liaison par fibre optique! Timidement les utilisateurs ont commencé à dire qu'en comparaison le câble standard leur semblait plus musical. Malgré une publicité sûre d'elle et catégorique sur la question, plus quelques avis aussi compétents que celui cité plus haut, les utilisateurs ont persistés à dire qu'ils préféraient l'ancien câble à la nouvelle fibre optique. Et l'échec de la fibre optique fût consommé à part quelques applications marginales pour la copie sur des baladeurs.

Quelques années plus tard un entrefilet dans une revue technique nous tombe sous les yeux. En conclusion il était dit que l'avenir de la fibre optique dans les applications grand public était compromis en raison des difficultés à obtenir des "soudures" de qualité. Les applications en regard des coûts se limiteront aux réseaux informatiques à haute vitesse … Inutile de vous dire que cette information est restée discrète.

Autre exemple plus ancien encore, là aussi les utilisateurs se sont aperçus parfois de manière fortuite qu'il y avait une corrélation entre le rendu sonore d'un appareil et le support sur lequel il se trouve ! Cela se conçoit facilement pour une enceinte acoustique siége par nature de nombreuses micro vibrations. C'est beaucoup plus difficile à assimiler pour un appareil électronique. Un audiophile a d'abord confiance dans ses oreilles et dans celles de ses homologues pour vérifier un résultat à l'écoute, confirmé après de multiples essais. Environ dix ans après la mise en lumière du phénomène deux grandes théories s'affrontent celle des MDI, micro décharges d'interface, et celle des MIS, micro induction de surface.

Un dernier exemple ? Où comment très sensiblement améliorer la lecture de vos CD pour … zéro francs ! Nous devons cette "découverte" à Monsieur Yves Bernard ANDRE qui n'a que trente années d'expérience en électronique audio et qui a bien voulu nous initier. Prenez un petit chiffon très légèrement abrasif, frottez la face codée du disque ( sans étiquette ou inscriptions ) par un petit mouvement circulaire dans le sens de la rotation du disque ( sinistrogyre ou vers la gauche pour ne pas faire ésotérique ! ). Faites la même opération sur la face qui porte les inscriptions mais vers la droite, le disque tourne dans le sens des aiguilles d'une montre vu par la face qui porte les inscriptions. Ne pas oublier de frotter aussi la tranche extérieure du disque ainsi que la tranche intérieure du trou central. Ouf ! Beaucoup plus facile à faire qu'à décrire ! Le résultat ? Ecoutez vous nous direz ! Nous avons été surpris par le gain en dynamique et l'ouverture de la scène sonore.

Monsieur Yves Bernard ANDRE est-il magicien ? Pas du tout il fait ses recherches dans un laboratoire voisin de son entreprise, celui de l'Ecole Polytechnique. Le "truc" est tout simple le disque en rotation se comporte comme une machine de WINSHURST et se charge d'électricité statique ce qui perturbe sa lecture par le rayon laser… Le petit chiffon a dans le même temps éliminé micro aspérités et poussières de la surface enregistrée.

Pour notre interlocuteur du début nous aurions pu lui parler des problèmes de temps de propagation par groupes de fréquences différents suivant le métal qui constitue le conducteur et la structure de l'isolant. Mais nous ne sommes pas assez compétents.

Frank ROMERSA

   

 
 
 
Editorial de Juillet Août 2003
 

La chaîne absolue !

C'est le rêve de tout audiophile un peu mélomane. Le système parfait sans considération de prix, celui sans aucun compromis même pour la pièce ou l'environnement.

Elaboré patiemment pendant de longues années, chaque élément choisi non seulement pour ses qualités propres mais aussi pour se fondre dans l'ensemble en y ajoutant un charme supplémentaire.



La grande Utopia de JM LAB

Ils sont quelques milliers de par le monde pour qui le prix est une contrainte tout à fait secondaire. D'un continent à l'autre ils n'hésitent pas à courir les auditoriums pour écouter les derniers produits fabriqués par les constructeurs. Ils sont présents dans les salons professionnels Londres, Frankfort, Milan ou même Las Vegas. Ils tutoient les personnages importants de la haute fidélité et connaissent très bien les dernières techniques misent en oeuvre ces derniers mois. Ils sont à la recherche permanente d'un "Saint Graal" sonore.



Le lecteur CD Kalista de
METRONOME TECHNOLOGIES

Pas de mépris facile pour ces fortunés ils aident à faire avancer toute une profession qui peut ainsi investir dans des produits d'une sophistication extrême avec l'espoir de les vendre dans ce micro marché. Ils financent des recherches dont les résultats seront appliqués sur des produits de grande série. Vous pourrez peut être vous offrir dans quelques années le produit de vos rêves d'occasion grâce à eux.

Une question vient sans doute à votre esprit snobisme ou véritable recherche de l'illusion du concert ? Nous avions été apostrophé il y a quelques années dans un superbe salon de haute fidélité à Monte Carlo par un jeune homme très sur de lui : "Monsieur quelle différence y-a-t il entre une chaîne à 1000 euros et une chaîne 100.000 euros ?" Aucune était la réponse fortement sous-entendue… La notre fut aussi directe : "Vous avez devant vous une chaîne d'environ 1000 euros dans le salon un peu plus loin vous allez pouvoir écouter une chaîne de 100.000 euros si vous n'entendez pas de différence vous aurez économisé 99.000 euros". Par sympathie nous n'avions pas osé ajouter que dans ce dernier cas il vaudrait mieux consulter un spécialiste de l'audition. Un peu penaud le jeune homme est revenu quelques instants plus tard : " Vous avez raison ce n'est pas pareil…"



L'amplificateur Gamut

A la veille des vacances nous n'avons pu résister au plaisir de rêver avec vous sur ces produits extraordinaires. Nous avons eu le privilège de pouvoir tous les écouter, deux sont français et le troisième danois.

Bonnes vacances.

Frank ROMERSA

 

   

 
 
 
Editorial de Septembre 2003
 

Des 0 et des 1 !

Le système binaire, zéro ou un, oui ou non, rien ou quelque chose, est à la base du fonctionnement des ordinateurs comme celui que vous utilisez. Le texte que vous êtes en train de lire a parcouru quelques dizaines de milliers de kilomètres en quelques millisecondes avant de s'afficher sur votre écran. Normalement avec aucun défaut, à part les erreurs que nous aurions pu nous-même commettre.

Cette extraordinaire précision et cette facilité est souvent comparée par nos lecteurs au système de lecture des compacts disques. La similitude avec l'informatique est d'autant plus grande que le compact disque en question est aussi utilisé sur les ordinateurs sous forme de graveur- lecteur. En résumé la lecture doit être aussi parfaite et cent pour cent des données à l'entrée doit être récupéré à la sortie. En conclusion pourquoi investir des sommes importantes dans un lecteur de CD le résultat doit être le même à l'écoute avec un baladeur CD à moins de 100 euros .

Pour démonter l'erreur de cette belle logique il faut d'abord sommairement expliquer le principe de fonctionnement du lecteur de CD. Dans un studio d'enregistrement un microphone va transformer les vibrations de l'air émises par votre chanteur préféré en vibrations mécaniques, puis en différentes fréquences électriques. Un câble va conduire ces signaux électriques à un convertisseur analogique numérique qui va les transformer en données numériques, un peu comme les zéro et les un de tout à l'heure. Ce convertisseur n'est pas parfait. Il est limité par les standards choisis par ses concepteurs. Deux valeurs dont vous avez déjà entendu parler, une fréquence d'échantillonnage 44,1 KHz et une taille du mot mémoire de 16 bits. Il est limité aussi par la qualité de ses composants et par celle du logiciel qui a été développé pour lui faire accomplir sa fonction dans les meilleures conditions. Il commet donc lui aussi des erreurs !

Le précieux flux de données numériques va être gravé sur un CD "master", lequel va servir à l'usine de "pressage" à en fabriquer quelques milliers ou millions suivant le succès de votre chanteur préféré. Lequel CD va enfin arriver dans votre salon sur votre lecteur ! Lequel va lire les données inscrites sur votre disque et les transmettre à son convertisseur numérique analogique, l'inverse du précédent. Ce dernier va les transformer en signaux électriques qui vont être transmis à votre amplificateur. Puis les haut-parleurs de vos enceintes vont faire vibrer l'air comme les cordes vocales de votre chanteur préféré dans le studio d'enregistrement quelques jours auparavant.

Nous espérons que vous nous suivez toujours dans cette aventure de la reproduction sonore ! Le convertisseur de votre lecteur n'est pas non plus parfait lui aussi et il va rajouter son lot d'erreurs au processus, erreurs de lecture d'origine mécanique ou logique. Les concepteurs ont donc été obligés de mettre au point une logique de correction qui consiste à extrapoler la ou les données manquantes. Elles sont déduites des précédentes et des suivantes par un algorithme de calcul .

C'est à ce niveau que les concepteurs PHILIPS et SONY ont eu un différend. SONY voulait qu'au-delà d'une certaine dégradation de la conversion des données le signal soit interrompu. PHILIPS au contraire a tenu à ce que quoi qu'il arrive un signal soit émis, la voix de votre chanteur même déformée.

Nous pensons que PHILIPS a eu raison en terme de marketing pour le moins. Sans le vouloir un effet favorable a été obtenu. Plus le signal se dégrade plus on obtient un son comparable à un flou artistique en photographie. Beaucoup de détails sont perdus mais une ambiance générale permet de toujours identifier la voix de votre chanteur même avec un peu de mémoire psycho acoustique. Ce phénomène ajouté au fait que le signal se dégrade progressivement dans le temps fait que les utilisateurs sont satisfaits de leur lecteur laser jusqu'au jour où ils entrent dans un magasin de haute fidélité avec le disque de leur chanteur préféré.

Vous voyez nous sommes loin de la précision du départ quand nous écrivions A sur notre écran et qu'il s'affiche A sur le vôtre !

Frank ROMERSA

   

 
 
 
Editorial de Octobre 2003
 

Vive le DSD !

Nous n'avions plus évoqué le sujet des nouveaux formats depuis quelques temps déjà ! Nous conseillons aux nouveaux lecteurs de se reporter à l'éditorial de février dernier intitulé "SACD, HDCD, DTS, 5.1, 7.2 . !? " et celui de septembre intitulé "des zéro et des un" pour une meilleure compréhension de ce qui va suivre : évaluer la qualité réelle des nouveaux formats qui nous sont proposés par rapport au CD actuel.

DSD (Direct stream digital) ou flux direct de données digitales, encore un nouveau format allez vous vous exclamer ! Pas exactement, le DSD est un format de "mastering", c'est à dire un format "en amont" utilisé par les professionnels au niveau de la prise de son, du mixage et du montage avant édition de l'enregistrement dans un format définitif : SACD, DVD Audio, et . CD !

Auparavant la puissance de calcul des convertisseurs analogique numérique ne permettaient pas de traiter un flux direct de données et le "vieux" PCM (Pulse Code Modulated) a rendu de précieux services au début du lancement du Compact disc. Or ce système de codage numérique avait quelques inconvénients dont certains particulièrement sensibles pour l'oreille. Le filtrage des hautes fréquences au-dessus de 20.000 Hz pour éliminer les bruits de quantification ce qui induit une limitation du spectre sonore dans les harmoniques des sons aigus. Les algorithmes de décimation-interpolation n'étaient pas non plus à l'époque bien maîtrisés ainsi que le célèbre "jitter", parasites du flux numérique provoqués par les défauts de la mécanique de lecture.

Tout ceci a permis aux détracteurs du Cd à son lacement dans les années 80, de critiquer un son numérique froid pour certains, glacial pour d'autres, et de préférer la chaleur plus sensuelle de leur bonne vieille platine tourne disques microsillons.

Vous nous suivez toujours ? Ne vous laissez pas rebuter par un peu de technique la suite devient beaucoup plus simple. Vous avez bien lu dans le paragraphe précédent on peut aller presque directement du DSD vers le CD !

Quel intérêt nous diriez vous ? Pourquoi retomber dans les limitations de ce "vieux" format ! Pour une simple raison le bénéfice à l'écoute est évident ! Et pour preuve nous appelons à nouveau LYRINX à la rescousse ! C'est un des rare éditeurs de disques qui enregistre directement en DSD ! Deux enregistrements exceptionnels sont disponibles LYR225 et LYR 2214 de la pianiste russe Katia Skanavi dans SCHMANN et RACHMANINOV et les quintettes à cordes de MOZART par le fines arts quartet accompagné par Youri Gandelsman. Dont voici une copie des pochettes :

 

Ce sont des SACD ils ne vont pas fonctionner sur ma platine CD même dernier cri ! Si justement car SONY et PHILIPS inventeurs du disque compact et inventeur du SACD ont prévu deux couches sur le disque une au format CD et une autre au format SACD. Maintenant oubliez tous ces détails techniques et écoutez !

Le son est merveilleux ! Le progrès indéniable. Katia Skanavi a été enregistrée au théâtre national de la Criée à Marseille, on ressent parfaitement l'ambiance de la salle, le bruissement du public, les moindres "intonations" de l'artiste et le piano Steinway nous donne à entendre ses timbres resplendissants. L'instant vivant, merveilleux comme s'il ne devait jamais plus se reproduire, va faire maintenant partie de notre patrimoine musical pour les générations à venir.

Nous ne sommes pas les seuls à nous rendre compte de ce progrès sensible dans l'enregistrement sonore. Le résultat est que cela sonne beaucoup mieux qu'un compact disque standard sur un lecteur de CD normal. ( extrait d'un document SONY-PHILIPS sur le Super Audio Compact Disc intitulé,"A technical proposal" ).

En réponse à un lecteur nous avions écrit que nous nous sentions incapable de faire le différence dans une écoute à l'aveugle entre un lecteur de CD et un lecteur de SACD sur le même enregistrement dans les deux formats. Nous avions oublié de vérifier que l'enregistrement soit "natif" DSD, et que même de CD à CD l'écart serait alors aussi sensible.

Vous devez penser pour quelle raison SONY - PHILIPS nous proposent un disque SACD plus cher qu'un CD, au prix déjà exorbitant, s'il est possible d'obtenir ce gain audible sur la couche CD ? Bien, c'est à dire que. , difficile à expliquer, une hypothèse peut être : le système d'anticopie de la couche SACD est lui aussi. parfaitement au point ! Et puis vous devrez changer votre lecteur CD pour un nouveau lecteur SACD forcément mieux puisque le marketing vous le dit à longueur de coûteuse campagne de communication.

Et certains osent encore se demander pourquoi les disques se vendent de plus en plus mal...

Frank ROMERSA

   

 
 
 
Editorial de Novembre 2003
 

"La nouvelle vague"


Nous n'avons pas pu nous empêcher d'utiliser cette référence cinématographique pour vous parler de la nouvelle vague des acousticiens français. Notre pays a toujours su cultiver et reconnaître depuis les débuts de l'audio grand public le talent de nos acousticiens, de nos concepteurs d'enceintes acoustiques.

Le premier à qui nous avons déjà rendu hommage dans ces colonnes fût André CHARLIN. Il a été l'inventeur non seulement de la stéréophonie mais de plusieurs procédés originaux de charge des haut-parleurs et un des premiers à utiliser un haut-parleur d'aigu électrostatique. Plus proche de nous d'autres générations ont suivi, Monsieur Georges CABASSE, Monsieur LEON (Elipson). De nos jours, Monsieur Michel VISAN (Davis Acoustics), Monsieur Jacques MAHUL (JM Lab), Monsieur Renaud DE VERGNETTE (Triangle), Monsieur Christian YVON (Apertura), Monsieur Jean Marie REYNAUD, Monsieur Pierre Etienne LEON, Monsieur Christian AVEDISSIAN (BC Acoustique), qui tous président aux destinées de leur société respective.

La nouvelle vague arrive ! Une question doit vous venir à l'esprit : comment avez-vous pu choisir ces nouveaux créateurs d'enceintes acoustiques ? Comme toujours notre réseau des "oreilles d'or" nous a fait parvenir quelques messages : "vous devriez écouter … , si vous passez par-là faites un saut chez… Puis nous avons commencé la rédaction des bancs d'essai. Chaque fois une conclusion s'imposait non seulement la note "son absolu" était excellente mais la distinction de thf.fr, les trois points d'exclamations s'imposait ! Nous accordons cette distinction avec parcimonie dans nos trop peu nombreux bancs d'essai car ils prennent beaucoup de temps en écoute et déplacements. Nous avons longtemps réfléchi et enfin pris nos responsabilités !

Alors voilà ils sont trois : Monsieur Eric BUY (Atlantis Acoustique), Monsieur Samuel FURON (Occelia), Monsieur Erwan LE POCHER (Prame).

 

Argentera
Atlantis Acoustique
Célia
Océllia
HR 2
Prame

Ces trois jeunes hommes, guère plus de trente ans, ont suivi sans se connaître des chemins assez proches dans la conception de leur produit. Ces trois enceintes passent facilement la barrière des 93 dB, limite haute jusqu'alors des productions en série des constructeurs, rares celles qui vont au-delà de ce chiffre. Haut rendement oui, mais pas le très haut rendement que nous estimons au-delà des 100 dB. Cette limite haute franchie on peut dire pour employer un jargon informatique que le système devient instable et que le meilleur comme le pire devient possible surtout dans le cas d'une production en série. Le très haut rendement est envisageable pour l'amateur qui garde le fer à souder à portée de la main…

Ils ont su mélanger des solutions classiques déjà éprouvées depuis longtemps par leurs aînés et des solutions très originales comme signature de leur créativité. Classique d'abord, des haut-parleurs électrodynamiques dont la qualité est reconnue, Supravox, Phy HP, moteur de médium aigu de un pouce et demi avec membrane en aluminium monté avec pavillon. Plus original, la charge accordée, "bass reflex", sur deux volumes indépendants sans face parallèles pour l'un et sans matériau amortissant pour l'autre. Très original pour le troisième un coffret entièrement vide, sans fond et dont les parois font 2,5 mm d'épaisseur !!! Le contraire de tout ce qui a été fait depuis plus de quarante ans dans le domaine de l'enceinte acoustique !

Le résultat à l'écoute ? Etes-vous déjà, en train de vous demander sans avoir la patience de lire nos bancs d'essai !? Epoustouflant ! Vous savez que nous essayons toujours d'avoir une certaine retenue, de ne pas céder au "syndrome de la sirène". Difficile de ne pas se laisser emporter par l'enthousiasme engendré par ces trois produits. Un autre point commun, ils résistent tous les trois à l'analyse du critique. La Musique d'abord, la Musique seule ! Au diable les aigus ciselés, les médiums naturels, le grave abyssal, les filtres à 12 dB par octave, les rotations de phase, la charge infinie, le découplage aimanté, etc…

Vous n'avez pu les départager ? Il y a bien une paire d'enceintes qui vous a plus séduit que… Nous avons essayé au début car chacune à sa "personnalité", les différences portaient finalement sur des détails purement subjectifs et la séduction opérait dans les trois cas.

Alors, à vous de juger…

Frank ROMERSA

   

 
 
 
Editorial de Décembre 2003
 

Mode et tendances en Haute Fidélité…

Cet hiver le transistor sera bipolaire avec faible contre réaction… Pour le printemps on prévoit un retour en force du mosfet… L'enceinte sera classique en Apolitto avec charge accordée… Pour le CD la tendance HDCD se confirme malgré le SACD dont le démarrage se fait toujours attendre… Le multicanal piétine aussi malgré l'influence nord américaine…

A lire la presse papier spécialisée en haute fidélité on a parfois l'impression d'un défilé de produits qui ne respecte même pas le rythme des saisons. Chaque mois apporte son lot de nouveautés, toutes aussi exceptionnelles et extraordinaires que celles… du mois précédent. Le consommateur "médiatisé" se doit de revendre tout ce qu'il vient d'acheter il y a quelques jours pour acquérir dans l'instant la fabuleuse nouveauté, dont le nouveau système XW34B.3 version 7 rends inécoutable tout ce qui a été fabriqué à ce jour…

Face arrière d'un ampli Home Cinéma
Ne comptez pas ... Il y a 144 prises !!!

Les hommes de marketing sont bien là ! Ils doivent justifier un salaire hélas plus élevé que celui d'un concepteur ou d'un créateur de produit. Il faut vendre, ou plutôt faire acheter mêmes si les ficelles sont parfois très grosses… Le Home Cinéma en est un exemple quotidien. On essai de nous faire croire qu'au moins cinq enceintes et un caisson de grave sont indispensables pour découvrir toutes les subtilités des harmoniques impaires de la mitraillette de Monsieur SCHWARTZENEGER ! Vous qui aimez la Musique, essayez simplement de brancher sur les sorties, si possible stéréo, de votre pas trop vieux téléviseur, un petit amplificateur et deux petites enceintes de bonne qualité. Pour faire tendance vous pourrez y ajouter bien que cela ne soit pas indispensable un caisson de grave amplifié. Tout ceci pour un budget raisonnable de quelques centaines d'euros. Ecoutez vous m'en direz des nouvelles ! Pour les voisins vous pouvez fièrement annoncer c'est le "nouveau" système 2.1 de thf.fr Comment tu n'es pas au courant !

Les grands produits durent dans le temps sauf quand un sourd musical du marketing décide de les faire disparaître au nom de l'on ne sait quelle obscure stratégie du plus nouveau que la veille. Où est passée la Tantal 505 ! Où est passé l'AW60, l'A2, la Crystal, le 3020i et bien d'autres ! Il y a peut être une explication, hélas vraisemblable pour l'esprit, un bien grand mot, des petits messieurs avec cravate… La "cannibalisation", sinistre vocable marketing, pour signifier que le bon produit plus rare, empêche de vendre les produits moins bons, qui sont beaucoup plus nombreux ! Et dans l'informatique un autre domaine que nous connaissons bien on a pu observer le succès planétaire de la plus mauvaise des solutions…

Bien sûr nous acceptons l'idée qu'un produit devienne obsolescent. C'est à dire deviennent dépassé techniquement par l'évolution générale des produits concurrents proposés sur le marché. Lors de l'avant dernier HiFi Show à Londres nous étions en train d'essayer, dans un anglais approximatif, de faire comprendre à nos interlocuteurs ce qu'était notre site. Quand l'un d'entre eux s'exclama : " Je vais la chercher ! Il faut qu'il puisse la prendre en photo !" Il revint en tenant dans ses mains quasi religieusement une petite enceinte. "Regardez, regardez la bien c'est la N°1 !". Nous avons eu le privilège de nous saisir du premier prototype de la célèbre LS3.5a, enceinte conçue dans les années cinquante sur un cahier des charges de la BBC pour équiper ses cars de reportage. Un groupe de "fans" nostalgiques aidés par une revue de haute fidélité avait réussi à relancer une petite production, en oubliant les 83 dB de rendement, les quinze ohms d'impédance, et une courbe de réponse pour le moins chaotique…

LS 3.5a

Nous sommes flattés de la confiance des nombreux lecteurs qui nous écrivent. Nous essayons de répondre à chacun sauf mauvaise humeur de l'Internet qui ne retrouve plus l'adresse de l'expéditeur, rarement heureusement. Le message commence souvent par "Que pensez-vous de…", "Croyez-vous que le matériel untel ira bien avec ma platine unetelle" etc… En raison de ce qui précède il est normal d'y perdre son latin. Nous répondons inlassablement la même chose : "Faites confiance à vos oreilles…". Ignorez les sirènes du marketing ! Posez-vous la bonne question : "Ai-je du plaisir à écouter le son produit par ce système ?". Achetez un disque de musique ancienne ou de musique baroque surtout si vous êtes convaincu de ne jamais supporter ce genre de musique (éditeurs HARMONIA MUNDI, ASTREE, ALIAVOX). Votre oreille ne risquera pas de tomber sous le charme, de la voix, déjà souvent écoutée, de votre chanteur préféré et de ne pas faire attention aux déformations acoustiques produites par un mauvais système. Ne soyez pas inquiets il y a du grave et des aigus dans la musique baroque, autant que dans la musique électronique. Il y a des tambours, il y a des violes de gambe à sept cordes comme celle du bon monsieur de SAINTE COLOMBE, "star" de "Tous les matins du monde" le merveilleux film d'Alain CORNEAU.

Ecoutez bien ! Ne raisonnez pas ! Laissez réagir votre oreille en agréable ou désagréable.

Un vrai Musicien jouant de la vraie Musique n'est jamais désagréable à écouter…

Frank ROMERSA