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Editorial de Décembre 2002 |
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Le CD a vingt ans !
Les moins jeunes se souviennent du festival du Son de 1978, Philips présentait un des premiers modèle de lecteur de CD et un des premiers disques compacts , les quatre saisons de Vivaldi. Les disques ont été disponibles chez les disquaires début 1982.
L'objet était séduisant avec ses reflets irisés, et son joli coffret transparent. Soixante-quatorze minutes de stéréophonie dans la paume d'une main. Inusable nous disait-on, la conservation illimitée dans le temps du patrimoine musical mondial.
Plus d'agacements avec les craquements désagréables dans le passage le plus attendu, en raison de rayures ou de capricieux grains de poussière au fonds des sillons. Le privilège de poser le bras de lecture sur le disque était réservé aux initiés et certains n'hésitaient pas à mettre les gants blancs pour extraire le 33 tours de sa pochette. Plus de régalage délicat d' "antiskating", plus de pleurage ou de scintillement, données impossibles à mesurer sur le nouveau disque, alors critère fondamental et rédhibitoire de tout banc d'essai de platine tourne disques.
Nous étions intrigués par les nombreuses et inutiles fonctions de programmation et en particulier par le 'shuffle". Incroyable privilège de pouvoir lire les plages du CD de manière aléatoire ! De quoi faire s'évanouir un Wagnérien intégriste. Plus question de choisir entre une cellule à bobine ou à aimant mobile, un des grands débats de l'époque. Le bras de la platine autrefois objet de nos passions devenait subitement obsolète, bientôt ringard. Nos Interminables discussions sur les mérites respectifs du SME IV équipé de la SHURE V15.3 et du BREUER version 5 avec la dernière ORTOFON devenaient sans objet. La platine méticuleusement installée et amoureusement réglée pendant de longues heures devenait incongrue au milieu de notre salon devant le lecteur CD, qui s'imposait comme un Ovni brusquement débarqué sur terre.
Très vite les opposants à ce progrès arrogant ont trouvé des arguments pour exprimer leurs frustrations. Celle surtout de ne plus voir tourner le disque noir dont les reflets étaient eux aussi magiques. Sans doute la petite lueur du stroboscope destiné à contrôler la vitesse de rotation du plateau leur manquait. L'ère du virtuel débutait au détriment du visuel et du toucher.
Malgré les efforts des gens de marketing conscients du problème, les lecteurs de CD ne laissaient pas voir grand chose des mystères de la lecture laser. Frustration visuelle sans doute mais aussi frustration auditive.
Le son des premiers lecteurs CD était épouvantable, il fallait que la chaîne industrielle se rode, se mette en place. Les premiers circuits intégrés de qualité sont arrivés après vers la fin des années 80. Début des années 90 le disque noir disparaît des bacs de notre disquaire national. C'est seulement vers la fin des années 90 que le lecteur CD a acquis sa pleine maturité grâce à des technologies de conversion numérique analogique très élaborées.
Plus de 43 Milliards de disques plus tard, quelles sont les raisons de ce succès planétaire ? A notre avis outre le coté fonctionnel et pratique, le lecteur CD a une caractéristique sonore fondamentale à laquelle l'auditeur est très sensible, la dynamique. Les derniers modèles dépassent les 120 décibels de rapport signal sur bruit. Soit presque le double d'une très bonne platine vinyle, le double exprimé en décibels.
Les hommes de marketing veulent déjà lui trouver un remplaçant. Pourtant 20 ans c'est le bel âge ! Ils feraient mieux de regarder du coté des étiquettes chez les disquaires pour analyser la baisse de leur chiffre d'affaires.
Frank ROMERSA
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Editorial de Janvier 2003 |
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Quels voux pour 2003 ?
Que baisse le prix du CD ? Comme nous vous le souhaitions l'année dernière ? Nous n'avons plus beaucoup d'illusions. En période des fêtes de fin d'année nous avons relevé dans une grande surface un prix de plus de 25 euros pour un enregistrement de Maria Callas. A se demander si la fin du disque classique ou de jazz n'est pas programmée pour récupérer quelques mètres de linéaire pour les éphémères popstars.
Que les majors de l'électronique grand public arrêtent de vous proposer des "standards" qui ne le seront jamais ? L'enterrement prévisible depuis plusieurs années du DVD Audio serait officiel ! SONY s'obstine avec le SACD, alors que PHILIPS pourtant partenaire ignore complètement le format. Curieusement dans le même temps NAD et ROTEL lancent des lecteurs de CD avec conversion HDCD ? Ce format a un avantage primordial à nos yeux il améliore sensiblement la lecture d'un CD . normal. Monsieur Bill GATES propriétaire de PACIFIC MICROSONICS, inventeur du procédé, a par expérience les moyens d'imposer un standard. En a-t-il la volonté ?
Que le DAB soit un succès ? DAB ? Digital Audio Broadcast, la radio numérique pour faire branché ! Presque dix ans que la radio numérique est attendue, pour d'obscures raisons nous utilisons encore des "tuners" ou syntoniseurs, analogiques. Oui on peut souhaiter que la radio numérique soit un succès, non seulement pour la qualité technique du son proposé mais aussi pour la multiplication de l'offre de programmes, dans la situation actuelle on voit mal comment la qualité des programmes pourrait encore baisser. A vos graveurs de CD !
Que la TNT arrive ! TNT ? Télévision numérique terrestre enfin voyons, vous n'êtes pas au courant ? Normalement une trentaine de chaînes nous serons proposées au printemps 2003, dont la moitié en clair. On peut espérer autre chose que des télés poubelles, car même les amateurs vont finir par se lasser ! Tout cela et sans doute et beaucoup d'autres choses vont arriver en 2003.
Et la stéréophonie bientôt cinquantenaire sera toujours là. De nombreux constructeurs se rendent compte que pour écouter de la Musique, c'est sans doute la meilleure solution. Que pour fabriquer cinq ou six enceintes ou plus pour le prix de deux forcément la qualité s'en ressent. De même pour un lecteur de disques multistandard ou un amplificateur multicanaux. Arithmétique simple ? Même pas, un peu de bon sens !
La stéréophonie est revenue comme à ses débuts, un club de véritables amateurs de Musique. Beaucoup de marques ont dédaigné ce créneau qui selon elles n'était plus porteur. Ils ont un peu trop vite oublié que leur notoriété venait de la stéréophonie. Pour preuve un de nos acousticiens nationaux vient de lancer son vaisseau amiral en reprenant le nom d'un grand explorateur. C'est d'une paire d'enceintes stéréophoniques dont il s'agit.
Aux antipodes les Chinois explorent des solutions de hautes technologies pour fabriquer des amplificateurs stéréophoniques . à tubes. Un designer américain a connu un joli succès en proposant un petit modèle de poste de radio sur un "look" ancien avec une très bonne qualité d'écoute, il vient de lancer une version en deux boîtiers . stéréophonique.
En 2003 le vrai mélomane puriste va continuer inlassablement de rechercher, le meilleur lecteur de CD, le meilleur amplificateur, la meilleure paire d'enceintes. Il va continuer d'investir dans le plus important le plus fondamental : ce qu'il entend !
Frank ROMERSA
PS : Selon les dernières informations reçues les télé-poubellesauraient réussi à empêcher le lancement prévu au printemps de la TNT dans notre pays.
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Editorial de Février 2003 |
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SACD, HDCD, DTS, 5.1, 7.2 … ?!
Nous revenons à nouveau sur la question des formats. Nous ne voudrions pas être mal compris sur ce sujet important comme nous le laisse entendre certains courriers de nos lecteurs. Voir la "Foire aux questions" mise à jour de février. La question est complexe et mérite d'être analysée sous plusieurs angles.
La question technique en premier, le format SACD est-il un réel progrès par rapport au CD? Sur le papier indéniablement ! L'échantillonnage sur un seul bit à très haute fréquence corresponds à un vrai 24 bits à 192 kHz. Donc à une très haute définition sur tout le spectre audible et l'écart avec le CD limité à 16 bits à 44,1Khz devrait être encore plus grand dans les fréquences aiguës. Or de nombreux tests à l'écoute démontrent un écart relativement faible pour ne pas dire inexistant. L'expert ingénieur du son nous a donné un début d'explication ! Le système d'enregistrement multipistes en DSD, le format de mastering du SACD, n'est disponible que depuis quelques mois …
Qu'écoutons-nous donc sur un disque SACD ? Soit une prise de son en stéréo comme LYRINX sait si bien en faire, avec l'aide de SONY qui séduit par la qualité de ses enregistrements, a équipé gratuitement ce studio. Soit une "remastétisation" d'une bande analogique, les "vieux" magnétophones de studio à bandes deux pouces n'ont aucun problème pour traiter une bande passante de 20 à 50.000 Hz à 0 dB. Et enfin le retour aux qualités du vinyle chères aux amateurs de disques noirs ! Malheureusement la compétition entre les maisons de disques ressemble parfois à une guerre de tranchées. Les hommes de marketing n'ont pu s'empêcher de réclamer un "plus" vis à vis de la concurrence. La superbe prise de son originale est alors numériquement "cuisinée" pour obtenir par exemple un effet "4D" loin d'être convaincant. Surtout en classique et Jazz … Musique où un original acoustique existe : le son du musicien lui-même !
La question marketing en second. Principe de base : "Quand une multinationale vous propose quelque chose il faut rechercher ce qu'elle désire réellement vous vendre ! Indispensable petit rappel des évènements qui ont conduits à la création du disque compact puis du SACD.
SONY rachète l'éditeur de disques CBS avant de s'associer avec PHILIPS propriétaire lui de POLYGRAM le plus gros éditeur de disques de l'époque. SONY et PHILIPS créent le CD, stratégie de maîtrise du contenu et du contenant. SONY lance le DAT ( digital audio tape, excellent standard d'enregistrement toujours utilisé en professionnel ) avec un système d'anticopie peu efficace. PHILIPS abandonne brutalement le DAT ( matériel soldé à 50 % ) et vends peu de temps après sa filiale POLYGRAM à SEAGRAM qui la revendra à VIVENDI qui lui ... fera une presque faillite. Dans la foulée PHILIPS lance ... son premier copieur de .. CD, et dans le même temps les fabricants d'ordinateurs lance les graveurs de CD Rom, et pire encore le MP3 arrive sur Internet ! Et SONY-CBS perds de l'argent comme beaucoup de maisons de disques... Et l'on n'entend presque pas parler du SACD chez PHILIPS pourtant partenaire curieux non ?
Vous nous suivez toujours ?
Ci-dessous le titre du journal le Monde édition électronique en date du 18 janvier de cette année : "Contre la gravure ou contre Internet, le CD ne cesse de renforcer son armure. Le format SACD pourrait devenir la parade absolue." Comment restaurer la rentabilité des maisons de disques ? Un supprimer la copie, deux augmenter les prix ! Donc SONY vous vend son superbe système d'anticopie pour seulement quelques euros de plus alors que le prix du CD est déjà EXHORBITANT ! Pas d'illusions sur l'avenir avec la sortie de la compilation des ROLLING STONES à un prix égal au CD.
On est loin du problème des harmoniques impaires au-delà de 20.000 Hertz !
Frank ROMERSA
PS : la suite au prochain numéro …
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Editorial de Mars 2003 |
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Vive le 2.1 !!!
Vous ne connaissez pas le 2.1 !? C'est un peu normal nous venons de l'inventer. On n'a pas pu résister ! Après tout pourquoi pas nous aussi chez thf.fr, n'aurions nous pas notre standard.
Rien ne sera plus comme avant. Une révolution dont le monde de l'audio va avoir du mal à se remettre… Ne courrez pas chez votre revendeur préféré nous n'avons pas eu encore le temps de le mettre au courant de la délicate mise en place du 2.1 ! Dépêchez-vous de revendre votre matériel avant que les cours ne s'effondrent ! Les usines sont prêtes le lancement est imminent. Seuls les plus grands constructeurs pourront accéder à nos brevets jalousement cachés au fond de notre laboratoire ultra secret. Les prix quels prix !? Pas question d'argent entre nous, la gloire et la postérité nous suffiront.
De quoi s'agit-il exactement ? Bien c'est à dire que… Voyez-vous… De mauvaises langues nous ont dit que le procédé existait déjà depuis quelques années. Notez bien guère plus de 25 ans ! Enfin voilà nous sommes très fiers nous avons réussi à marier deux enceintes et un caisson de grave actif ! Lire notre banc d'essai pour découvrir le fruit de nos fondamentales recherches !
Comment dites-vous ? Les spécialistes du home cinéma le font depuis longtemps. Oui mais pour eux c'est plus facile. Leurs amplis disposent d'un DSP ( digital signal processor ) et d'une sortie spécifique pour gérer leur caisson de grave. Les fréquences graves sont filtrées à ce niveau, avec les corrections nécessaires à une bonne mise en phase avec l'ensemble du système.
Il y a déjà beaucoup de temps que cette question nous préoccupe. En partant d'un constat élémentaire qu'aucun acousticien ne risque de remettre en cause. Pour obtenir une qualité et un niveau de grave sensiblement égal à celui du médium et de l'aigu il faut dépenser environ100 fois plus d'énergie ! Le haut-parleur de grave doit brasser un volume d'air beaucoup plus important. Pour ce faire il est doté d'une grande membrane source de déformations et d'ondes stationnaires. Le volumineux moteur dont il est équipé à souvent tendance à donner à la courbe d'impédance de l'enceinte une forte ressemblance avec les montagnes russes. Et pour finir le pauvre amplificateur doit se débrouiller entre moins de deux ohms et plus de dix ou douze selon les cas, et entre 1,5 watts pour le médium aigu et 150 watts pour le grave.
Vous vous demandiez pourquoi certains amateurs de haut rendement, le fer à souder à la main, vous commentaient doctement les vertus de la multi amplification et du filtre actif. Dans le genre, hors de la 300 B en "single ended" de 8 watts dans le médium aigu et d'un bon transistor de 300 watts sur un 38 cm montage ONKEN dans le grave, point de salut ! Il faut dire qu'entre deux interminables mise au point il arrivait parfois que le résultat à l'écoute soit séduisant. Outre l'avantage de clouer définitivement le bec aux sempiternels " y a pas de grave !", le système dans une grande pièce pouvait donner l'illusion d'une musique en grandeur réelle.
Ayant peu de goût pour le fer à souder nous sommes allés chercher dans le commerce un caisson de grave pour faire nos essais. Depuis plus vingt ans que la tri phonie a été inventée les caissons de grave ont fait quelques progrès surtout depuis l'apparition du home cinéma. Autrefois les puissances des amplificateurs étaient moindres et il n'existait pas de haut-parleur de grave de petites dimensions. Un des intérêts d'un système tri phonique est de réduire la taille des enceintes. Le style armoire normande indispensable en volume pour le grave devient superflu. Les ingénieurs de l'époque avaient même imaginé des circuits d'asservissement électroniques pour diminuer la distorsion et obliger le haut-parleur à fonctionner en "piston" même dans les fréquences les plus basses.
Leurs successeurs sont mieux outillés ! 200, 300, ou même 500 watts pas de problème, des haut-parleurs de 20 cm à grands débattements dotés de membrane rigide pas trop lourde vous avez l'embarras du choix. Plus délicat l'élaboration des filtres de coupure et du réglage de niveau, et surtout toutes les possibilités de connectique. Pas facile, brancher en sortie pré ampli ou directement comme une enceinte ?
Enfin nous allions pouvoir déposer nos brevets sur le 2.1 Vous dites que c'est pareil que la triphonie ? Oh un peu oui d'accord. Mais pour enfin entendre un vrai grave musical dans un intérieur classique pour un budget raisonnable c'est une solution tout à fait envisageable.
Au fait les disques CD standards fonctionnent très bien en 2.1 !
Frank ROMERSA
PS : Ne vous inquiétez pas nous n'oublions pas la saga du SACD, du HDCD, du CD etc...
PS 2 : En savoir plus sur le 2.1 >>>
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Editorial de Avril 2003 |
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"Le village Hifi"
Pour le prochain salon de 2004 "MONDIAL DE L'IMAGE ET DU SON", la société représentant les professionnels de l'image et du son (APSIM) et la société organisatrice Sécession ont longuement travaillé sur un nouveau concept de stand d'exposition pour les constructeurs ou importateurs de matériels de haute fidélité : Le village Hifi.

Nous avions regretté lors des premiers "Mondial" l'absence des petits constructeurs. Au point que, comme beaucoup, lassés d'être assourdi par le vacarme des bandes sonore de film passées en boucle, nous avions titré "Quatre jours sans une note de musique" ! A contrario il était difficile d'imaginer une solution technique pas trop coûteuse pour des conditions d'écoutes convenables de. la Musique.
Les organisateurs ont résolu cette épineuse question de manière très élégante. Le village HiFi va rassembler une vingtaine d'auditoriums fermés, acoustiquement isolés et climatisés ! L'endroit idéal pour faire une écoute de découverte dans le calme, le plus souvent en présence du concepteur des produits pour en expliquer la vocation. De plus pour attirer le public fasciné par les superbes et immenses stands des multinationales, le village hifi sera situé devant l'entrée principale ! Enfin dernier point et non des moindres : le prix ! Un auditorium du village Hifi à moins de mille euros par jour est accessible aux moyens financiers limités d'un petit constructeur qui peut ainsi espérer devenir un grand constructeur !

Nous pensons que pour les intervenants de la haute fidélité que c'est le moment de se rassembler à l'occasion de cette manifestation. Montrer que la reproduction musicale de qualité est bien vivante et qu'elle attire un public de plus en plus nombreux. De montrer que nos constructeurs ont souvent une très grande notoriété . au-delà de nos frontières ! Le temps des querelles de chapelles est révolu il faut montrer au grand public tout le savoir-faire des professionnels de la haute fidélité. Et dans cette logique pourquoi ne pas imaginer un stand pour représenter l'ensemble des magasins français de haute fidélité ? Expliquer leur métier, et faire savoir au public que près de chez soi on peut écouter et comparer les dernières générations de matériels et trouver les compétences pour l'installer !
Le Mondial sera aussi une des rares opportunité pour notre profession, d'accéder aux grands médias. La société d'études marketing GFK en visite dans le magasin d'un de nos annonceurs a cru bon de l'informer que la haute fidélité n'existait plus ! Vous avez bien lu. Notre profession qui doit représenter environ dix mille emplois n'est plus visible pour ces messieurs du marketing ! La centaine de magasins qui vendent presque exclusivement du matériel de haute fidélité stéréophonique n'existent pas ! La centaine de constructeurs exportateurs ou d'importateurs de matériel de haute fidélité disparus ! Les spécialistes du marketing ne voient que les chaînes de magasins spécialisés ou les multinationales. A force de vouloir voir en grand on peut rater le bout de son nez. Heureusement la HiFi française est bien visible à l'étranger !
Croyez que notre enthousiasme est sincère et il est inutile de préciser que nous n'avons aucun intérêt financier dans cette manifestation en dehors du partenariat que l'on nous a aimablement proposé.
Pas de basse stratégie obscure, simplement la volonté de partager une passion commune avec nos lecteurs et avec nos clients annonceurs : l'immense, le fantastique, l'incroyable, plaisir d'écouter de la Musique.
Frank ROMERSA |
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Editorial de Mai 2003 |
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Vous avez dit ésotérique ?
Longtemps la vraie haute fidélité a été qualifiée d'ésotérique. Que dit le dictionnaire ? "Se dit de toute doctrine ou connaissance qui se transmet à des adeptes qualifiés". Un peu restrictif sans doute mais définition acceptable pour notre microcosme. Poursuivons. "Obscur incompréhensible pour qui n'appartient pas au petit groupe des initiés. Très juste, malheureusement !
C'est la parfaite définition du principal handicap au développement de la haute fidélité. Les professionnels du Home Cinéma sont tombés dans le même travers... en pire !
Nous recevons souvent des courriers de lecteurs qui commencent de la manière suivante : "je voudrais débuter et m'équiper d'un premier système mais je ne comprends rien aux termes techniques utilisés par les vendeurs…". La conclusion est souvent la même : "j'ai peur de me tromper ou d'acheter un produit trop cher pour en apprécier toutes les qualités…".
Perplexité devant des produits dont on se sent incapable de juger les qualités objectives. Ceci pour une raison simple les qualités en question ne sont pas objectives mais subjectives ! Prenons un parallèle commode dans notre pays les qualités d'un vin ! Là aussi on trouve un langage ésotérique chez les initiés. Comme le son, le goût s'adresse à un aspect intime de notre personnalité : le plaisir.
Depuis le célèbre docteur viennois nous savons que le plaisir est quelque chose d'un peu obscur, d'interdit, que nous avons souvent oublié de... cultiver. Comme pour le vin notre éducation auditive peut se faire très vite !
Il s'agit souvent d'un coup de foudre !
Pourquoi croyez-vous qu'un mélomane puisse dépenser plusieurs milliers d'euros pour une paire d'enceintes ou un amplificateur ou même un câble ? Pour quelque chose qui n'a pas de prix : son plaisir !
Plaisir égoïste me direz-vous ? Sans doute mais d'une telle force qu'il est difficile de lui résister. Après quelques minutes d'écoute un vendeur se retourne vers sa cliente pour deviner ses impressions et surpris de la voir bouleversée, les larmes aux yeux il l'entend balbutier : "C'est ça… C'est ça que je veux ! ". La musique excellemment reproduite à dû évoquer de vieux souvenirs…
Dans un vrai magasin de haute fidélité il se peut que le vendeur oublie de vous préciser la puissance en watts de l'amplificateur, la dimension en millimètres du dôme du tweeter ou les pourcentages de distorsions par harmoniques impaires… Par contre il va peut-être noter les références de vos disques car manquants dans sa collection et vous parler de Musique.
Pas d'argumentaire technique, ce sont vos oreilles qu'il doit séduire. Il sait aussi qu'il a des concurrents et que pour gagner votre confiance il doit vous proposer le meilleur dans un budget réaliste. Comment justifier un prix ? Par l'écoute bien sûr et ensuite quelques détails techniques comme le cépage ou le terroir… C'est un métier, c'est son métier. Mais comment définir le métier d'un commerçant qui vend … des reproductions d'art vivant ? Des concerts à domicile ? Des accès au patrimoine musical mondial ? D'autres suggestions sont les bienvenues.
Le client veut aussi du tangible et c'est souvent lui qui cherche à se rassurer avec des watts et de nombreux haut-parleurs.
Dans les magasins bazar, non spécialisés en haute fidélité, le vendeur en provenance du rayon légumes, formé en quelques minutes par une direction exigeante en termes de remplissage de tiroir caisse à court terme, va vous abreuver de termes techniques abscons.
Les hommes de marketing ont pensé à lui et difficile de ne pas sourire devant un tel charabia de brochures commerciales mal digérées. Comme le mètre carré coûte très cher dans un magasin bazar la haute fidélité se révèle peu rentable. C'est tant mieux.
Les professionnels utilisent souvent un langage technique. Cela nous est utile pour brièvement résumer une impression d'écoute comme l'œnologue pour un vin. C'est un défaut à bannir pour accueillir de nouveaux venus dans nos espaces sonores. Ici même à thf.fr nous faisons des efforts pour ne pas devenir... ésotérique.
Si nous voulons que le microcosme de la haute fidélité s'ouvre un peu et pourquoi pas devienne autre chose qu'un microcosme, nous devons attirer de nouveaux adeptes.
Tous les professionnels de la très haute fidélité doivent faire un effort pour que la haute fidélité soit ce qu'elle est : un immense plaisir.
Frank ROMERSA |
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