|
Bonjour,
J'ai été étonné
de lire parmi les propos de vos lecteurs sur votre forum que
la mise en place d'un buffer résoudrait le problème
des erreurs de transmission lors de la lecture d'un CD sur une
platine de salon. Décidément, on mélange
tout en vulgarisant les techniques numériques : un lecteur
n'est pas un graveur de CD, il ne suffit pas de stocker les
bits avant de les convertir.
On ne le sait pas assez : il y a déja
un buffer dans toutes les platinesCD.C'est justement son taux
de remplissage qui asservi la vitesse de rotationdu CD. La mise
en place d'un buffer plus gros ne suffirait pas, hélas,
ou alors ilfaudrait qu'il stocke la quasi-totalité du
CD en mémoire vive. Sinon, le temps pour l'électronique
de dépister TOUTES les erreurs sur un disque pressé
à la chaîne peut tendre vers... l'infini !
Pour ceux qui veulent tester : observer le
"diagramme de l'oeil" (sur un oscilloscope) d'une
diode-laser qui balaie un CD est très instructif, surtout
si le lecteur n'est qu'un vulgaire lecteur de CD-Rom à
40 Euros ! Les vieux lecteurs ou graveurs de CD-Rom Yamaha ou
TEAC étaient excellents, mais un marketing imbécile
a favorisé la vente de lecteurs "rapides" bourrés
d'erreur. Que vaut-il mieux : un lecteur CD lent "1x"
qui lit une seule fois sans erreur, ou un lecteur-de-frime-rapide-40x
qui recommence et lit 39 fois avec des erreurs ?
OK, l'informatique personnelle, au contraire
des CD, n'est pas du travail àla chaîne de pressage,
elle est assez fiable. L'intégrité des bits est
préservée, sur le moment, à peu près
(odd parity), jusqu'à freiner et stopper les processus
de lecture et d'écriture du matériel si nécessaire.
Pour les chemins de fer ou les avions, on sait
que l'informatique n'est pas absolument fiable, des bits peuvent
changer d'état en mémoire vive ou sur HDD, par
bombardement de rayonnements électro-magnétiques
par exemple, il y a donc des dispositifs de redondance des infos.
Pour des oreilles audiophiles, la lecture des
CD est une somme de problèmes bien plus complexes.
Par exemple, le BLER (taux d'erreur par blocs
des CD) est préoccupant, la qualité actuelle de
pressage des CD est médiocre. On ne change pas assez
souvent les matrices de pressage, surtout pour les "tubes-qui-cartonnent".
Les CD de musique classique, pressés seulement à
5000 ex, peuvent être meilleurs qu'en variété.
N'oublions pas que l'archivage professionnel n'est pas réalisé
sur des CD ordinaires. L'interfoliage des données des
bits dans les "blocs" des CD avec le Reed-Solomon
Code ne résout pas tout. Les mots de deux octets (16
bits) sont transformés en mots de 14 bits interfoliés,
etc... c'est bien sur le papier.
Pour tester par vous-mêmes la médiocrité
des CD, achetés ou gravés, ilexiste des logiciels
d'utilisation aisée. L'utilisation du logiciel ISOBUSTER
(freeware pour les rippages) sur un PC est amusant, ce logiciel
peut lire lusqu'à trois mille fois un bloc de bits d'un
CD jusqu'à (peut-être) trouver l'info "juste".
Il y de nombreux autres freeware sur le Net permettant d'estimer
l'intégrité des données sur CD (contrôle
du BLER). Le résultat est amusant, chacun peut tester
les CD qu'il a gravés... ou achetés à prix
d'or !
ATTENTION !
Imaginons que les données sur le CD soient bien lues
ou interpolées, lepremier problème est résolu,
mais... Mais cela ne suffit pas pour avoir un son naturel. Il
faut encore compter avec le problème du jitter, entre
autres, ce jitter est notamment dû à l'absence
d'horloge synchrone entre le lecteur de CD et le convertisseur.
L'auto-horloge du convertisseur, c'est certes économique,
mais c'estl'horreur. Cela n'existe pas dans les studios d'enregistrement
dignes de ce nom.
Quant aux fameux quartz de nos horloges... Les quartz ne sont
ni absolument stables, ni aussi précis que ce que l'on
dit, c'est une légende. Dans les radars des avions de
chasse les quartz sont régulés en température
et précision dans des enceintes thermostatées.
Entre le début et la fin de la lecture d'un CD sur une
platine, la fréquence du quartz peut varier de façon
gênante, pas régulière, aléatoire,
avec beaucoup de bruit.
Une vraie et bonne horloge à quartz pour convertisseur
vaudrait au moins mille dollars...
Merci pour votre site passionnant
Cordialement
Pascal RAUD
raud.pascal@wanadoo.fr
Je vous précise les termes techniques
issus du fameux Red Book Red Book = livre de la norme des CD-Audio,
élaboré par Philips-Sony au début
des années 1980 :
Bloc (Block)
Sur un CD, les données sont organisées par blocs
contenant les données, plus ce qui est nécessaire
au contrôle et à la détection des erreurs.
Sanumérotation logique permet de localiser les données.
BLER (Block Error Rate, taux d'erreurs de bloc)
Mesure (sur une seconde) des erreurs de données contenues
sur un CD. Ce taux d'erreur est normalisé (type E11,
E21, E31). Un taux inférieur ou égal à
220 est considéré comme acceptable dans le Yellow
Book (Données) et le Red Book (Audio).
CIRC (Cross Interleaved Reed-Solomon Code)
Sur la base des travaux de MM. Reed et Solomon, les données
dans les blocs
sont codées. Il s'agit d'une méthode de correction
d'erreur spécialement développée pour être
utilisée avec les CD répondant à la norme
du Red Book Philips-Sony. Pour faire simple: les octets ne sont
pas simplement alignés à la suite les uns des
autres, dans l'ordre chronologique, ils sont "mélangés"
afin qu'un manque de plusieurs octets soit restitué après
interpolation (sur la base d'un calcul matriciel)
HDD (High Density Disk ou HarD Disk)
Nous dirons simplement disque dur en bon français.
Bien entendu, je connais les travaux de Anagram.
De nombreuses petites sociétés High-Tech se sont
attaquées au problème, notamment pour le matériel
de studio (Madrigal, etc) ou très haut de gamme (DCS
Elgar, etc) N'oublions pas les travaux du géant américain
ATT dont le labo est roi en ce
domaine.
Dommage que les vrais câbles numériques
(en verre !) et les vraies horloges soient aussi coûteux.Sinon,
sur le forum, un de vos lecteurs plaisante sur sa prise de courant
EdF, la centrale nucléaire en amont, etc, gag ! En mettant
en doute les cordons secteur de qualité, anti-MIS ou
autres.
Encore un problème incompris !
Bien entendu, il y a des micro-décharges AVANT la prise
secteur. Il y en apartout. Mais les fils électriques
sont naturellement inductifs et capacitifs, donc les micro-décharges
se "lissent" très rapidement au cours des trajets.
Onoublie qu'un câble rectiligne est inductif, il n'y a
pas que les bobines !
Dans la pratique, seuls les derniers 50 cm
du câble d'alimentation avant l'appareil sont cruciaux.Une
bonne prise de courant Legrand ou Arnould n'est quasiment pas
améliorable, tout le monde en convient, elle est trop
loin de l'appareil à
alimenter. Quoique de bons contacts phosphore-bronze soient
meilleurs que du vulgaire laiton. Cela existe en connecteurs
industriels.
Solution économique :
Relier sa barrette secteur de toute la chaîne HiFi à
la prise murale avec un bon câble secteur anti-MIS. C'est
efficace.
Attention:
les barrettes multi-prises informatiques, soit-disant filtrées,
sont nulles à pleurer en HiFi, dans le pire des cas elles
peuvent même brider la dynamique.
On peut fabriquer unne bonne barrette par soi-même
(maximum 8 prises selon les normes NF et CE) avec de bonnes
prises et du gros câblage Teflon (min 2,5 mm carré)
à l'intérieur. On utilise une grosse plinthe électrique
PVC, on peut même remplacer le couvercle coulissant par
une bande de cuivre qui sera bien entendu
parfaitement reliée à la terre. Regardez le matériel
industriel dans les catalogues pour les usines, c'est instructif.
A noter un gag :
Les vieux amplis à tubes d'avant la 2° guerre mondiale
sont rarement victimes de ces phénomènes.La rusticité
de leurs alimentation, la faiblesse de la valeur de leurs
condensateurs de filtrage, la nature de ces condensateurs (armatures
papier) les rendait insensibles à des phénomènes
pernicieux aujourd'hui assez envahissants.
Important :
Derrière les chaînes HiFi, il faut éviter
les noeuds de câbles et les "plats de nouille",
il faut aussi raccourcir les câbles trop long.
Pour finir :
Attention aux tuners FM reliés aux antennes collectives
dans les immeubles. Ce sont des aspirateur à parasites
! Il faut isoler la prise d'antenne par un transfo bande FM
que l'on trouve dans les catalogues de vente par correspondance
(Conrad, Selectronic, etc...)
Il n'y a aujourd'hui en 2004 quasiment plus aucun phénomène
mystérieux, pas
d'alchimie, tout est explicable.
|