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Banc d’essai vintage HITONE H215i – ESART- TEN

Le H 215i cache sous une présentation austère de réelles aptitudes musicales


 



Pourquoi citer ainsi trois marques pour parler d’un seul amplificateur ?

En fait simplement parce que ces trois modèles partagent le même châssis, les mêmes composants et le même montage à quelques détails près.

Ce sont trois intégrés d’une quinzaine de watts stéréophoniques construits en France au milieu des années 60. L’étage de puissance est confié à un push pull de tubes EL84 alors que le déphasage et la pré amplification se font par l’intermédiaire de six 12ax7 / Ecc83. La sortie haut parleur ( double uniquement sur le modèle de chez ESART ) peut se faire au choix et 4 8 ou 16 ohms par l’intermédiaire de deux sélecteurs situés à coté des transformateurs de sortie de marque Supersonic.

 

L’ESART bien que de présentation différente est identique au HITONE

 


Pour en revenir au HITONE H215i, il se présente sous la forme d’un intégré très complet avec plusieurs entrées au niveau ligne ( auxiliaire tuner magnétophone ) dont un monitor et un étage phono entièrement à tubes.

La finition grise ton sur ton avec la façade en plexiglas teinté et le tour chromé datent tout de suite cet appareil. Cependant il se dégage une sobriété et une impression de qualité qui ne sont pas toujours évidentes chez les constructeurs français de l’époque.

 

Montage rationnel et aéré, tout est la pour faire de la musique …



Techniquement, le Hitone, comme tous les appareils de cette époque ne peut être utilisé quotidiennement sans une solide révision. Condensateurs, capacités de liaison, résistances et tubes bien entendu, tout doit être vérifié et changé si besoin est avant usage sous peine de lourdes déconvenues.

Une fois cette étape franchie, il faut songer à associer a cet amplificateur de puissance modeste des enceintes offrant un rendement suffisant ( 92 93dB minimum) à une écoute sereine.

 

Ouvert la ressemblance de l’Esart avec le H215i est frappante


Ecoute :

La documentation d’époque vantait une bande passante rare pour un appareil à tubes ( de 10Hz à environ 60KHz dans +/- 0,5 dB ), force est de reconnaître que, dès les premières mesures, la largeur de scène et la bande passante sont là ! Ample et fluide voilà ce qui pourrait caractériser le son de cet intégré. La réponse dynamique reste très honorable compte tenu de la puissance modérée, le H 215i reproduit avec brio tous les styles musicaux sans jamais sembler être à la peine. Sans déséquilibre majeur, le son offre des capacités de finesse d’analyse et surtout de réalisme capables de rendre jaloux pas mal d’intégrés modernes. Seul bémol, les basses fréquences semblent toujours quelque peu en retrait mais, en fin de compte, ce travers ne se remarque surtout que lors de la comparaison avec d’autres appareils. Ecouté seul, le H215i est totalement satisfaisant ne laissant jamais la place à une quelconque frustration.

Développé à une époque ou les montages en l’air étaient de mise ( en fait le Hitone comme ses homologues de chez Esart ou TEN, est monté sur des barrettes à cosses ), ce petit intégré est véritablement bourré de talent et sait admirablement chanter et moduler.

Idéal pour un second système ou pour s’initier à la haute fidélité à tubes, le H215i est, une fois restauré, un appareil fiable et sans soucis capable d’apporter beaucoup d’émotion et de musique.

Compte tenu du prix de vente de ces appareils, toujours relativement bas en occasion, acheter un Hitone ou un de ses clones peut s’avérer une excellente affaire tant musicalement que financièrement.

Rareté : 9,5/10

Facilité d’utilisation : 9,5/10

Rendu sonore : 9,4/10

Intérêt global : 9,46/10