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Guide d’achat QUAD II : les pièges à éviter



Joli non ? Le coté industriel et suranné est pour beaucoup dans l’attraction que ces vieux amplis suscitent encore aujourd’hui, le son fait le reste !


 


Après avoir lu thf, vous vous êtes décidé à sauter le pas et à goûter au plaisir de l’écoute naturelle d’une paire de QUAD II !

Voici quelques uns des pièges à éviter.

Où les trouver ?

A peine êtes vous résolu que les ennuis commencent déjà ! Trouver une bonne paire de QUAD II n’est pas une chose si aisée. Petites annonces de thf, des magazines, Internet, il faudra vous donner un peu de mal pour trouver le Saint Graal.

Une fois localisés, il vous faudra éviter les même pièges que lors d’un rite initiatique, car, malgré une apparente simplicité, les QUAD cachent bien des désagréments si il sont acquis à la légère.

Premier point trouver une paire d’appareils en bon état.
Comme nous vous l’avons souvent expliqué, à moins d’être une technicien confirmé, la restauration d’un amplificateur à tubes ancien peut devenir un authentique puits sans fond financier. Privilégiez donc l’achat d’appareils en excellent état d’origine ou consciencieusement refaits. Dans le cas contraire il faudra impérativement les restaurer. Trouver une paire d’amplificateurs avec des numéros consécutifs ou proches est l’idéal, mais cela devient de plus en plus difficile avec la raréfaction du matériel ancien disponible. Une petite « roublardise » de certains vendeurs consiste à appairer les plaques sur deux amplis sans aucun rapport. Dans le même esprit, à moins d’être un collectionneur acharné, évitez les numéros de série en dessous de 8000 car il est presque impossible de les appairer.

Privilégiez une paire avec des composants et des tubes identiques, cela peut amplement suffire.

Les tubes peuvent être le second soucis Une folie se fait, à l’heure actuelle, sur les appareils qui ont encore leurs KT66 GEC d’origine et leurs EF86 Mullard. C’est certes une très bonne chose sauf si ces tubes, de plus de 40 ans, sont éreintés. Vous ne payeriez pas des pneumatiques usés lors de l’achat d’un véhicule, pensez à faire de même avec les tubes.

Le soucis n’est pourtant pas forcément résolu avec une monte neuve. Les KT66 d’époque consommaient 0,9 Ampères chacune alors que les soi disant remplacements modernes peuvent doubler cette consommation. Même chose pour les modifications loufoques comme le passage en EL34 ou, à fortiori, en KT88. Non seulement le résultat est souvent de médiocre qualité sonore mais, de plus, de tels choix mettent en danger le transformateur d’alimentation.

 

Equipés ici en 6L6, ces QUAD II n’ont rien perdu de leur musicalité.

 

Les tubes d’époque changeant de main pour des prix frôlant la déraison, une bonne solution est d’opter pour des 6L6 ou des 5881 en veillant bien à ne pas dépasser les fatidiques 0,9 Ampères de consommation par tubes.

Le transformateur d’alimentation, voilà bien le talon d’Achille du QUAD II. De conception compacte il à tendance à surchauffer dès qu’on lui demande de fournir trop d’intensité. L’utilisation de l’ensemble pré ampli QCII avec les tuners AM ET FM a souvent pour résultat de « griller » le transformateur d’alimentation du pauvre bloc mono qui peine à fournir de la tension pour toutes ces excroissances. Même chose avec le pré ampli stéréo 22 qui, pour permettre son usage en mono, tire son alimentation d’un seul bloc. Méfiance donc lors de l’achat. Une surchauffe se traduit souvent par des coulures de Brai ( une matière noire/marron qui rappelle un peu le goudron ou al mélasse) hors des capots du transformateur ou de la self. Un Quad II qui a coulé n’est pas forcément mort, mais son alimentation a déjà été soumise à rude épreuve !

A titre indicatif, si le QUAD 22 peut rester d’actualité avec un CD, son entrée phono est plutôt bruyante et manque souvent de niveau comparée à ce que peuvent proposer les fabricants à l’heure actuelle. Quant aux tuners, ils sont plutôt décevants.

Une fois ces écueils évités, il vous faudra choisir un pré amplificateur adapté. Du fait de la simplicité de son circuit, le QUAD II nécessite rien moins qu’1,4 Volts de signal d’entrée pour moduler sa puissance totale. Un pré ampli conséquent sera donc de rigueur. Une modification assez simple, qui consiste à remplacer les résistances de 100 Ohms situées sur les cathodes des EF86 par des 470 Ohms permet de ramener le gain nécessaire à 0,6 Volts sans perte audible de qualité sonore. Il vous faudra toujours un pré amplificateur mais le choix sera plus vaste.

 

Une fois acquis et restaurés, les QUAD II vous fourniront de nombreuses années de plaisir musical.


Que choisir et combien payer ??

Nous l’avons vu un excellent état d’origine( très rare) ou une restauration consciencieuse sont les facteurs à privilégier. D’un côté comme de l’autre, ; le prix sera fonction de l’offre et de la demande mais un tarif compris entre 700 et 1000 Euros la paire ne sera pas déraisonnable. Evitez soigneusement les appareils modifiés, « tweakés » ou « upgradés » qui, en règle générale, fonctionnent moins bien que ceux d’origine quoi qu’en disent les indélicats qui cherchent à s’en défaire à tout prix( après tout si ils sont si merveilleux que cela, pourquoi s’en défaire ?). 110 ou 220 volts, cela importe peu, il n’y a pas de différence sonore notable. Une fois encore évitez à tout prix les tubes de puissance à consommation filament au dessus de 0,9 Ampères.

Moyennant ces précautions élémentaires, vous devriez pouvoir trouver une paire d’amplificateurs qui sont certainement parmi les meilleurs des années 50 et qui, aujourd’hui encore, peuvent constituer le maillon fort d’un système dédié tout entier au plaisir de la musique.

 
Sébastien Amiet
sebastien.amiet@thf.fr