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Premier coup d'oil, pas très engageant ! Poussière,
rouille, tubes manquants, la casse n'est pas loin
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Ca y est, vous avez craqué pour la superbe paire de blocs
mono des années 50 justes sortie d'un grenier. Dénichés
chez une connaissance ou par le biais du web, vous voici donc
devant un carton contenant les deux merveilles, en l'espèce
une paire de mythiques Mc Intosh Mc30 qui fleurent bon le haut
de gamme, malgré un aspect peu engageant. Mais il y a un
hic ! Et de taille de surcroît ! Ces bijoux n'ont pas tourné
depuis au moins 20 ans et ont perdu une partie de leur éclat
et de leurs tubes au passage ! la bonne affaire n'est elle pas
qu'une colossale galère dont vous ne verrez la fin qu'a
force d'euros investis ?
Voici donc un petit guide pour éviter de vivre un été
de cauchemars techniques.
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L'aspect extérieur ne laisse présager rien de bon
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Ouverture du carton, la première chose qui vient à
l'esprit c'est « bigre je ne les voyais pas dans cet état
! ». de la rouille un peu partout, de la peinture manquante,
de la poussière, pas de doute les 50 ans sont bel et bien
là. Au premier coup d'oil il manque une redresseuse, deux
tubes de puissance, des tubes d'entrée. Les deux tubes
de puissance disent 6L6 alors que le châssis dit qu'il faut
des 1614. Les cordons secteur sont dans un état douteux
et le tout est véritablement couvert de rouille et d'oxydation.
Argh ! ça s'annonce mal ! Et à l'ouverture, c'est
encore pire, des composants ont été changée
mais le résultat final est plus proche du plat de nouilles
renversé que du beau câblage d'origine.
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Quant à l'intérieur . Aimez vous les pâtes
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Une seule solution, recommencer tout à zéro. Première
étape se procurer le schéma. Tensions, valeurs des
composants, passage des câbles, tout ce qui est primordial
pour bien mener à bien la restauration. Au passage, il
faut remarquer que une remise en forme n'implique pas forcément
un « tuning » sauvage. Les ingénieurs américains
savaient ce qu'ils faisaient, aussi la meilleure solution est
souvent de changer à l'identique les composants défectueux
sans chercher à jouer au Dr Frankenstein de la HIFI, cela
évite bien des déconvenues.
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Le « Dr Mackenstein » est passé par là
! Des composants énormes et . inutiles en côtoient
d'autres épuisés.
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En fait de tubes, il ne reste que cela, et en plus ils s'avèreront
morts lors des tests !
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Première étape, il faut tout tester, les transformateurs
en premier lieu, puis les résistances qui ont pu varier
ou se couper avec l'âge, les capas et les condensateurs
qui ont pu se couper, fuir, ou pire, se mettre en court circuit.
Multimètre, capacimètre et lampe mètre sont
bien utiles. La monte de tubes restants est éreintée,
les condensateurs d'alimentation, qui ont déjà été
remplacés, n'ont ni les bonnes valeurs, ni surtout les
bons voltages. La redresseuse restante est en court circuit et,
si les résistances sont bonnes, pour la plupart, les capas
sont presque toutes HS.
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Le lampe mètre est un outil fondamental, ici, un «
vieux » tube avoue son usure sur le Metrix LX109a.
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Vient le temps de faire ses courses, il faut tout racheter. Pour
les condensateurs d'alimentation, le choix se porte sur un condensateur
bouteille triple, conforme à l'origine en provenance des
Etats Unis, les tubes seront un mixage de tubes New Old Stock
et de tubes neufs de qualité standard. Après vérification,
les 6L6 peuvent bien remplacer les 1614, introuvables de nos jours.
Une fois encore, les pièces choisies respecteront, au plus
près, les caractéristiques et valeurs d'origine.
Pas de composants ésotériques ou hors de prix, juste
de bonnes résistances à 10 ou 20% ( vérifiées
avant montage tout de même), et des composants de bonne
qualité sans aucun exotisme.
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En échange des anciens condensateurs d'alimentation, ces
nouvelles fabrications trouvées aux USA feront merveille.
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Il s'agit maintenant de démonter proprement et de remplacer
les éléments défectueux. En premier lieu
les condensateurs d'alimentation et les résistances d'alimentation.
Les nouvelles pièces sont montées en lieu et place
des anciennes en gardant le schéma sous les yeux pour éviter
une inversion fatale ( presque 500volts à cet endroit).
Une fois cette opération menée à bien , un
premier test montre l'alimentation rétablie dans ses valeurs
d'origine, il ne restera plus qu'a patienter de longues heures
pour que tout se rôde, comme sur un ampli neuf !
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Avant restauration, l'image montre le culot de l'ancien condensateur
déjà dessoudé car en court circuit remplacé
incomplètement par des condensateurs montés «
en l'air » .
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Ici les pièces usagées ont été retirées
et dessoudées.
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Enfin les pièces neuves sont en place et le soudures terminées.
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Reste le circuit, une diode sera remplacée dans le circuit,
des capas en conservant, autant que faire se peut les excellentes
montes d'époque et quelques condensateurs, le tout pour
un coût dérisoire. Une fois en tension, les deux
capas de liaison, différentes sur les deux blocs, se mettront
à fuir, faisant rougir les plaques des tubes de puissance
et il faudra changer également. Tout ces tests se feront
sur une prise protégée qui disjoncte avant que l'ampli
ne brûle, indispensable pour ce type de restauration. Enfin,
les deux blocs seront retubés à neuf et connectés
à une paire d'enceinte avec une source. Quel bonheur sans
mélange lorsque, après de si longues années
de silence, les premières notes retentissent.
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Première mise sous tension depuis 20 ans au moins, tout
se passe bien et le pièces neuves se rodent peu à
peu.
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Vient alors le moment le plus agréable de la restauration
: l'écoute. Ces Mc Intosh sont vraiment bâtis comme
des Panzers, les potentiomètres et les supports de tubes
ne crachent même pas, malgré le fort taux d'oxydation.
Après une bonne cinquantaine d'heure de rodage et de multiples
contrôles à l'oscilloscope et au multimètre,
il est possible d'affirmer que ces deux ancêtres là
sont sauvés. A l'écoute , ces vénérables
électroniques justifient immédiatement le mythe
qui les entoure. Dotés d'une dynamique et d'une bande passante
à couper le souffle, les MC30 ne faiblissent jamais, tenant
les 38 gold monitor qui y sont connectés ( en 16 ohms en
plus) avec une maestria bluffante. Souples et musicaux, ils savent
faire le forcing quand il le faut et reproduire la moindre nuance
avec une aisance déroutante. Naturels et modulant admirablement,
ils justifient pleinement les quelques centaines d'euros nécessaires
à leur remise en état et font vite oublier leur
piètre apparence. Un véritable régal pour
les oreilles !
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Même si l'aspect pourrait être meilleur, ces deux
amplis sont de redoutables machines a faire de la musique .
( photos colectionl personnelle)
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Sébastien Amiet
sebastien.amiet@thf.fr
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