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Rétrospective Pierre Clément

Première partie







 

 


Parler de Pierre Clément c'est un peu comme de parler de la genèse de la Haute Fidélité française. Avec des hommes comme Marcel Vaissaire ( Audiotec) André Charlin et d'autres grands nom c'est un des pionniers de la véritable haute fidélité française.

Avec ses platines, mais aussi avec ses électroniques à tubes, il a révolutionné le concept de hifi. Cahier des charges drastique, grand soin apporté au câblage et à l'assemblage et recherches innovantes couronnées de succès, les portes de la RTF s'ouvrirent rapidement aux produits de la marque.

 

 



Les cellules tout d'abord. Incorporant les transfo, elles sont à bobine mobile. Il en existe plusieurs modèles qui peuvent accepter soit des diamants, soit des saphirs. Elles sont prévues pour le microsillon ou le 78 tours. De référence L ( 5,6,7) ou E25m (modèle adopté par la RTF), elles sont toutes monophoniques et ont en commun d'offrir des qualités de restitution sonores exceptionnelles. Construites comme de véritables objets uniques les têtes Clément sont capables de faire pâlir presque toutes les productions moderne tant leur rendu est réaliste. Elles sont, avec les électroniques embarquées par les platines, la base du son de la RTF.

 

 

Les platines

 

 

 

 




On distingue, en réalisation Clément, deux types de bras. Le bras type « studio » pré-taré au bon grammage pour les cellules et donc non réglable et un bras réglable capable d'accepter plus de cellules. Ces deux bras sont, pour les platines des années 60 pré câblés en stéréo et peuvent accepter les cellules Clément (vis sur le dessus pour le bras studio et vis sur le coté et diamètre inférieur pour le bras réglable) ou les rarissimes coquilles adaptatrices pour les cellules stéréo. Sur ces bras droits, c'est le diamant qui est incliné pour donner la bonne position de lecture.

 

 

 

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Il faut aussi mentionner les monstrueux bras Bourdereau et Belin qui acceptent également les cellules et coquilles au format Clément.


 
 
 

 

 



Les platines quant à elles sont assez semblables les unes aux autres. Bâties comme des Panzer, elles sont increvables. Employant un moteur synchrone d'une puissance confortable elles sont équipées, comme leurs consours de chez Garrard d'un entraînement par galet fournissant un peu de rumble mais aussi une dynamique et une tenue des basses fréquences incomparables. Généralement les platines séries H ou L selon les modèles font du 16 au 78 tours. Tout est usiné pour durer et trouver une Clément totalement HS relève le plus souvent d'une utilisation abusive. Plus tard, à la fin des années 60, Clemént proposera un bras tangentiel. Racheté par Schlumberger, clément produira jusque dans les années70 des platines pourl'ORTF.


 

 

 

 



La majorité des platines Clément sont équipées de leur propre préamplificateur correcteur a deux ou trois tubes. Généralement mono, ce pré amp, qui a cependant existé en version stéréo, fournit les courbes nécessaires à la lecture de tous types de vinyles, un volume réglable et surtout la possibilité d'utiliser la platine équipée directement en 220 volts.

La qualité de ces pré amps donne envie d'en posséder un stéréo mais autant partir à la quête du Graal. Les appareils Clément sont rarissimes et généralement équipés en mono. Cependant la platine seule peut être utilisée, indépendamment de son pré ampli en stéréo avec des résultats fantastiques.


 

 


 

 



L'amplification.

Il s'agit la de la partie la plus rare et la moins connue de la production de Pierre Clément. On trouve trace, au prix faramineux de 1300 francs ttc, d'un amplificateur stéréophonique 2x10 watts dans les tarifs de 1965. Pour trouver un tel appareil, il faut être plus que chanceux. Tout aussi rares les blocs mono W10c sont de véritables chefs d'ouvre. Livrés dès la fin des années 50 en finition grise, ils offrent un amplificateur monté autour d'un push pull d'el84, avec deux ecc83 en entrée et un redressement fourni par un tube ez81. D'un schéma classique, ils offrent surtout, en plus d'une exceptionnelle qualité de fabrication, un superbe transformateur de sortie Millerioux et une transformateur d'alimentation surdimensionné.


 

 


 

 



Dotés de leurs propre volume, d'une correction de tonalité graves et aiguës, de quatre entrées et d'une impédance de sortie allant de 3 a16 ohms, ils représente l'un des aboutissement de l'électro acoustique française des années 50/60. Dynamiques, offrant un son précis , délié assorti d'une remarquable tenue des basses fréquences ce sont véritablement des merveilles que tout audiophile devrait écouter au moins une fois dans sa vie, de préférence avant l'achat de son système hifi !


 

 

 

 



Fabriqués avec des composants très robustes les W10c sont toujours des amplificateurs d'exception. Ils peuvent se compléter, pour les amateurs désireux d'exploiter la stéréophonie d'un préamplificateur / adaptateur offrant une entrée phono stéréo et une entrée tout en permettant de conserver utilisables les 4 entrées ligne des amplis. A tubes également cet adaptateur modèle AS est encore plus rare que les amplis. Construit autour de deux EF86 ( tube cher à Clément et ayant remplacé l'antique EF40 rimlock dans ses productions de la seconde moitié des années50) et de deux ecc82, il offre juste un volume, un sélecteur d'entrées a deux positions ( tuner et phono), une balance et un inverseur de phase.


 

 

 

 



Le système complet est réellement démoniaque, tellement au dessus de beaucoup d'autres appareils, pourtant déjà excellents, qu'il est difficile d'admettre que ce matériel est si ancien. La bande passante des amplis ( 15/25000Hz a +/- 0.5 db) donne une idée de la perfection sonore dont sont capables ces appareils.


 

 

 

 



Certes acheter un tel matériel est onéreux de nous jours. Jouissant d'un stupide effet de mode qui met au même tarif les appareils d'exception et les autres, juste acceptables, le prix du matériel Clément ont réellement flambé ces dernières années. Mais pour un système complet cela vaut sans nul doute la peine d'être déraisonnable pour se procurer un ensemble que l'on conservera sa vie durant.


 
Sébastien Amiet
sebastien.amiet@thf.fr